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Macron veut inscrire l'IVG dans la Charte européenne des droits fondamentaux

Emmanuel Macron a inauguré ses fonctions de président du Conseil de l'Union européenne ce mercredi devant le Parlement européen de Strasbourg. Il y a prononcé un discours d'une vingtaine de minutes. Il a dit sa volonté d'"actualiser" la Charte européenne des droits fondamentaux, et d'y inclure le droit à l'avortement.

Certes, il était investi de la fonction depuis le 1er janvier mais il s'agissait d'inaugurer sa présidence du Conseil de l'Union européenne avec davantage de symbole et de poids. Emmanuel Macron s'est rendu ce mercredi à Strasbourg, où il a prononcé un discours devant le Parlement européen qui, jauge sanitaire oblige, n'avait pu faire le plein.

Durant sa prise de parole, il a assuré que la présidence française serait une présidence de "promotion des valeurs qui nous font". Et selon lui, le droit à l'interruption volontaire de grossesse en fait pleinement partie. Il a ainsi dit sa volonté de l'intégrer à la Charte européenne des droits fondamentaux.

"Je souhaite que nous puissions actualiser cette charte, promulguée il y a vingt ans, pour être plus explicite (...) sur la reconnaissance du droit à l'avortement", a-t-il ainsi lancé.

"Actualisation" sous les applaudissements

Désireux de "consolider nos valeurs d'Européens qui font notre unité, notre fierté et notre force", le président de la République a repris:

"Vingt ans après la proclamation de notre Charte des droits fondamentaux qui a consacré notamment l'abolition de la peine de mort partout dans l'Union, je souhaite que nous puissions l'actualiser, notamment pour être plus explicite sur la protection de l'environnement ou la reconnaissance du droit à l'avortement."

Une annonce vivement applaudie par les députés européens. "Ouvrons ce débat librement avec nos concitoyens et de grandes consciences européennes pour donner un nouveau souffle à notre socle de droits qui forge cette Europe forte de ses valeurs, seul avenir de notre projet politique commun", a-t-il aussitôt ajouté.

Les oreilles de la présidente du Parlement européen sifflent

Si le droit à l'avortement est très largement majoritaire parmi les Etats-membres de l'Union européenne, il se trouve au centre d'une confrontation entre l'instance continentale et la Pologne, où le Tribunal constitutionnel l'a presque totalement interdit en 2020.

Les oreilles de Roberta Metsola, élue mardi présidente du Parlement européen et qui à ce titre a prononcé un préambule au discours d'Emmanuel Macron ce mercredi, ont par ailleurs dû siffler en entendant les mots du chef de l'Etat. La Maltaise est opposée au droit à l'avortement et son île le prohibe sur son sol.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV