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Macron veut honorer "300 à 500 noms" de personnalités noires ou arabes dans l'espace public

Lors d'un entretien accordé ce vendredi à Brut, Emmanuel Macron a lancé un appel à contribution pour constituer, d'ici mars, un répertoire de personnalités historiques noires ou arabes. Il s'agirait d'y puiser pour rebaptiser certaines rues ou dresser de nouvelles statues.

Interviewé par le média en ligne Brut ce vendredi, Emmanuel Macron a évoqué la question de l'intégration au sein de la population française. Il a souligné la nécessité d'un travail historique pour la faciliter et a rappelé que l'historien Benjamin Stora s'apprêtait à lui remettre un rapport sur la mémoire de la guerre d'Algérie.

Il a aussi encouragé la population et les universitaires à soumettre "300 à 500" noms de personnalités historiques noires ou arabes d'ici mars 2021, afin de baptiser des artères d'après eux ou édifier en leur honneur des statues dans l'espace public.

"Je ne crois pas à la cancel culture"

La contestation de la représentation de certains pans de l'histoire de France dans l'espace public avait été vive l'été dernier. Certains militants avaient ainsi demandé, par exemple, le retrait des références au maréchal Bugeaud dans les noms de rues, ou tagué la statue de Colbert près de l'Assemblée nationale. "On m'a parfois traité de 'brute épaisse' parce que j'étais contre le déboulonnage de statues. Je ne crois pas à la cancel culture, je ne crois pas à l’effacement de ce qu’on est", a-t-il contré. Il a alors pointé dans une autre direction:

"Mais il y a toute une part de notre histoire collective qui n’est pas représentée, il y a toute une part de notre histoire qui parle à notre jeunesse qui est noire, venant d’Afrique ou ultra-marine ou maghrébine et qui a ses héros."

Des propositions attendues "d'ici mars"

Assurant que ce n'était pas à lui de citer les héros en question, donnant tout de même en exemple le général Dumas (général de la révolution et père de l'écrivain Alexandre Dumas), il a poursuivi:

"Ce que je voudrais, c’est que justement les historiens et ceux qui se retrouvent dans ces histoires fragmentées, puissent les choisir. J’aimerais qu’il y ait une forme d’appel à la contribution collective. Et qu’on ait 300 à 500 noms et qu’on ait ce catalogue d’ici à mars et qu’on en fasse des noms, des statues. Notre histoire est la conjugaison de toutes ces histoires."
Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV