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Macron préside un troisième conseil de défense écologique: quel bilan tirer des deux précédents?

Emmanuel Macron le 23 mai 2019, lors du premier conseil de défense écologique

Emmanuel Macron le 23 mai 2019, lors du premier conseil de défense écologique - Ludovic Marin - POOL - AFP

Le gouvernement a mis en avant des mesures fortes en matière de climat et de biodiversité lors des précédents rendez-vous. Mais des annonces ultérieures, semblant aller à contre-courant des engagement écologiques du président et de ses ministres, ont ensuite été pointées du doigt.

Fraîchement revenu de Chine, Emmanuel Macron présidera ce jeudi après-midi un nouveau conseil de défense écologique. La mise en place de ce Conseil des ministres restreint avait été annoncée par le président de la République le 25 avril dernier, lors de la restitution du grand débat national.

L'objectif affiché de cette nouvelle réunion: fixer les priorités et les objectifs du gouvernement en matière d'écologie et s'assurer de leur mise en oeuvre et de leur respect. Alors qu'Emmanuel Macron et ses ministres semblent en ce moment plus préoccupés - et embarrassés - par les questions sociales - réforme des retraites et mesures sur l'immigration en tête -, ils devront se remettre la tête au climat et à la biodiversité dès 15 heures.

Stop à la "Montagne d'or"

Les deux premiers conseils de défense écologique avaient donné lieu à des annonces apparemment fortes de la part du gouvernement. Le 23 mai dernier, le président de la République et ses ministres avaient par exemple annoncé l'abandon du projet extrêmement controversé "Montagne d'or", en Guyane. Il prévoyait l'installation d'une exploitation minière vivement dénoncée par les associations écologistes. Le tout jeune organe avait alors statué que cette "Montagne d'or" était "incompatible avec les exigences de protection de l’environnement".

Parmi les autres annonces faites en mai 2019, on retrouve la création ou l’extension de vingt réserves naturelles en France d’ici 2022 ou encore une réforme du Code minier pour y intégrer de nouvelles exigences environnementales.

Le transport aérien dans le viseur

Lors du deuxième conseil de défense écologique, le gouvernement avait dévoilé des mesures qui semblaient aller dans le sens de la lutte contre les émissions de CO2, à l'heure où le transport aérien est de plus en plus critiqué et dénoncé par une part croissante de la population française. La mise en place d'une éco-contribution pour les transporteurs aériens avait ainsi été décidée. La réunion, qui s'est tenue le 7 juillet dernier, avait également permis d'annoncer la diminution du remboursement partiel du gazole des transporteurs routiers à partir de 2020, 

À cette occasion, le gouvernement avait par ailleurs confirmé le mandat et la gouvernance de la convention citoyenne pour la transition écologique. Composée de 150 citoyens, elle a notamment pour but de redéfinir des mesures concrètes pour aider les citoyens à participer à la transition climatique, et à "réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40% par rapport à 1990 d'ici à 2030".

Des annonces à contre-courant?

Mais les plus fortes mesures de ces deux premiers conseils de défense écologique ont ensuite fait grincer des dents lorsqu'elles ont été suivies d'annonces contradictoires. Quelques mois après l'abandon du projet, le ministre de l’Economie et des Finances a ainsi délivré, le 31 juillet 2019, un arrêté octroyant un nouveau permis de recherches de mine d’or en Guyane, sur un territoire de près 5000 hectares. Accordé à la société minière Sands Ressources, il sera valable cinq ans. Un revirement fustigé par le collectif écologiste citoyen "Or de question", qui a dénoncé une grande braderie de la forêt amazonienne.

Il y a seulement quelques jours, le gouvernement a de nouveau fait bondir les associations écologistes en annonçant soutenir l'extension de l'aéroport de Nice, après s'être prononcé pour une éco-contribution visant les transporteurs aériens... L’Autorité environnementale avait pourtant relevé "des insuffisances significatives sur la prise en compte des thématiques gaz à effet de serre, sur la qualité de l’air et sur les nuisances sonores liées à l’accroissement prévisible du trafic aérien" dans un avis concernant le futur chantier rendu au début de l'été.

"Des mesures déjà existantes ou sans ambition"

Des annonces paradoxales de la part du gouvernement, vivement dénoncées dans Le Parisien par Jean-David Abel, vice-président de l'association France Nature Environnement:

"Ce Conseil de défense n'a été qu'un effet d'annonce à la suite du Grand débat mais il n'en est ressorti jusqu'à maintenant que des mesures déjà existantes ou sans ambition car elles ne sont accompagnées d'aucuns moyens pour les mettre en œuvre."

C'est donc poursuivi par ces soupçons de double-discours qu'Emmanuel Macron présidera ce jeudi après-midi son troisième conseil de défense écologique. Selon des informations du Parisien, il devrait notamment être question de lutte contre l'artificialisation des sols, du onzième Parc National français annoncé entre les forêts de Champagne et Bourgogne, et possiblement de la création de nouvelles réserves forestières.

Juliette Mitoyen