BFMTV

Macron incite les médecins généralistes à partager leur temps entre le cabinet et l'hôpital 

Alors qu'il présentait son "Plan santé" ce mardi, le chef de l'Etat a présenté plusieurs mesures destinées à mettre fin à l'isolement des médecins de ville et à soulager les hôpitaux, en particulier les services d'urgence.

Renforcer l'offre de soins "pour les 50 années à venir". Emmanuel Macron a présenté ce mardi les grandes orientations de son "plan santé", le deuxième volet de sa politique sociale, sur laquelle est axée cette rentrée, quelques jours après le dévoilement du plan pauvreté. Alors que la ministre Agnès Buzyn doit dévoiler dans l'après-midi une série de mesures précises, le chef de l'Etat s'est exprimé pendant près d'une heure, disant sa "confiance à réussir collectivement". "Cela ne se fera pas en un jour, mais nous devons travailler ardemment, même si ça dure 2 ou 3 ans". "C'est à un changement de paradigme que nous devons oeuvrer", a-t-il prévenu. 

Parmi les pistes présentées, la volonté de mieux organiser les parcours de santé, en mettant fin notamment à l'isolement des médecins de ville par rapport aux hôpitaux. "C'est par une réorganisation collective que nous pouvons répondre" aux défis qui se présentent, a précisé Emmanuel Macron, regrettant que le système actuel soit "atomisé", et que les différents domaines soient "en concurrence les uns avec les autres". 

Une mesure "attractive" pour les jeunes générations

Concrètement, il a proposé que "dès 2019, 400 postes supplémentaires de médecins généralistes à exercice partagé ville-hôpital puisse être financés".

"Cette mesure exceptionnelle sera attractive car les jeunes générations sont en demande d’un exercice partagé", a défendu le président. 

Emmanuel Macron a souhaité que "l'exercice isolé" de la médecine de ville devienne "marginal" et "puisse disparaître à l'horizon de janvier 2022". Il s'agit d'encourager les médecins libéraux à travailler en cabinet ou au sein d'une équipe de soins, a expliqué le président, promettant de "privilégier l'incitation" face à "la contrainte".

Des médecins consultables jusqu'à 20h pour les urgences

Dans le but de décharger les médecins généralistes "d'actes qui peuvent être faits par d'autres", il a aussi défendu la création de 4.000 postes d'assistants médicaux, "autant qu'il en faudra dans tous les territoires". Les premiers devraient arriver dès 2019 dans les quartiers prioritaires. En parallèle, pour soulager les hôpitaux, et notamment les services d'urgence, le chef de l'Etat a plaidé pour que les médecins libéraux puissent recevoir les patients en urgence jusqu'à 22 heures. 

"Les urgences non vitales doivent pouvoir être prises en charge en ville par les professionnels organisés dans leurs communautés professionnelles, en lien avec leur hôpital de proximité", a-t-il expliqué.

Malgré l'heure défendue par le chef de l'Etat, c'est celle de 20 heures qui a été retenue dans le Plan santé.

"Initialement, moi j'étais pour dire 'jusqu'à 22 heures', mais on m'a dit que j'ouvrais une guerre absolument impossible si on disait jusqu'à 22 heures. Donc je suis raisonnable, je dis '20 heures'", a précisé Emmanuel Macron, provoquant les rires de son auditoire.

Charlie Vandekerkhove