BFMTV

Macron compare les Américains qui ont envahi le Capitole aux gilets jaunes français

Le président Emmanuel Macron, le 12 janvier 2021 à Tilly, dans le Calvados

Le président Emmanuel Macron, le 12 janvier 2021 à Tilly, dans le Calvados - Christophe Ena © 2019 AFP

Dans un long entretien accordé à l'Atlantic Council, un think tank de Washington D.C., le chef de l'État fait part de ses inquiétudes sur la montée de la violence favorisée par les réseaux sociaux.

Il a déjà eu l'occasion de le dire, Emmanuel Macron estime que la violence refait irruption dans les sociétés démocratiques. Lors d'une séance de questions-réponses organisée à l'Élysée ce jeudi par l'Atlantic Council (un think tank américain), le chef de l'État a comparé, après un long raisonnement sur l'impact néfaste des réseaux sociaux, la révolte des gilets jaunes en France et l'invasion du Capitole le 6 janvier dernier.

"Je pense d'abord que la violence, la haine, la xénophobie sont de retour dans nos sociétés. Et je pense que c'est tout nouveau. C'est poussé et légitimé par certains groupes politiques et pour moi, il s'agit d'un grand changement anthropologique", a-t-il entamé après une question sur ce sujet.

"Nouveau mode de vie"

Selon le président français, qui s'exprimait en anglais à l'occasion de cet entretien d'environ une heure, le climat de violence qui s'installe dans de nombreuses démocraties libérales est un véritable défis pour leurs dirigeants. Emmanuel Macron estime que les réseaux sociaux, en faisant la "promotion de vocables durs" et "du conflit", ont changé la "nature de ce que devrait être le débat démocratique" d'après lui.

"Pour les gens normaux, c'est inacceptable et ils attendent de nous que nous fassions cesser de telles violences. Mais cela devient très difficile quand cette violence est perçue par beaucoup de gens comme étant légitime. Et c'est exactement ce que nous vivons", juge-t-il.

Et de conclure: "2018 en France, 2021 aux États-Unis: voilà en effet la nouvelle violence dans nos démocraties, largement liée à ces réseaux sociaux". "C'est notre nouveau mode de vie", a regretté le chef de l'État.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV