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Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Annecy: qui sont les nouveaux maires écologistes?

L'écologiste Jeanne Barseghia élue maire de Strasbourg.

L'écologiste Jeanne Barseghia élue maire de Strasbourg. - Patrick Hertzog

Grégory Doucet à Lyon, Pierre Urmich à Bordeaux, François Astorg à Annecy ou encore Léonore Moncond'huy à Poitiers: de nouveaux visages écologistes sont apparus dans les mairies de plusieurs grandes villes. BFMTV.com dresse leur portrait.

Lyon, Bordeaux, Strasbourg... Les Verts ont raflé un nombre historique de grandes villes ce dimanche, propulsant dans les mairies des visages souvent peu connus. BFMTV a dressé le portrait de ces nouvelles figures.

Grégory Doucet à Lyon

L'écologiste Grégory Doucet, 46 ans, s'est largement imposé à Lyon à la tête d'une coalition EELV-PS-PCF-LFI, avec plus de 50% des voix, devant le successeur désigné de Gérard Collomb, Yann Cucherat.

Arrivé à Lyon en 2009 après avoir vécu au Népal et en Philippines où il faisait carrière dans l'humanitaire, Grégory Doucet s'est lancé dans le combat politique en 2016. Elu à la tête d'Europe-Ecologie-Les Verts dans la capitale des Gaules en 2017, il avait néanmoins peu d'expérience en politique avec sa campagne pour les élections municipales. On l'avait vu en bout de liste aux élections municipales de Lyon en 2014 et sur la liste de Yannick Jadot aux européennes en 2019.

Parmi ses mesures phares, le candidat veut créer un "fonds de soutien" pour le secteur culture mis à mal par la crise du coronavirus, faire de Lyon la "ville des enfants", et une ville "100% marchable et 100% cyclable".

Bruno Bernard à la métropole de Lyon

L'écologiste Bruno Bernard, qui a revendiqué la victoire à la métropole de Lyon, est un enfant du pays. Biberonné au socialisme mitterrandien - son père Roland fut sénateur du Rhône et patron du PS local-, cet homme de 50 ans a d'abord naturellement milité dans les rangs de PS avant d'être convaincu par le projet porté par l'écologiste Dominique Voynet à la présidentielle de 1995. Il rejoint finalement le parti écologiste en 2002.

En 2008, il décroche son premier mandat à Villeurbanne, dans une majorité socialiste, avant de le perdre en 2014. Il gravit alors les les échelons chez EELV: il devient secrétaire régional du parti entre 2013 et 2016 avant d'être promu membre du bureau exécutif, responsable des élections et des relations avec les autres partis.

Sa nomination comme tête de liste à Lyon était "une évidence", note un proche de la campagne. "En tant que secrétaire régional, il a géré parfaitement les affaires. Il a amené beaucoup de monde et il a l'habitude de parler avec les autres partis. On savait tous que c'était le profil idéal pour travailler avec tout le monde et maintenir une majorité" au Grand Lyon.

Longtemps chef d'une entreprise de désamiantage, Bruno Bernard présente un profil singulier au sein du parti écologiste. Il met d'ailleurs en avant son expérience pour se poser en interlocuteur crédible face au monde de l'entreprise.

Pierre Urmich à Bordeaux

C'est un avocat de 65 ans qui fait basculer Bordeaux, après 73 ans de règne de la droite. Natif de Saint-Palais, dans les Pyrénées-Atlantiques, il était arrivé dans la capitale girondine pour ses études de droit avant d'être introduit en politique par Noël Mamère il y a près de 30 ans. Ecologiste de la première heure, il avait notamment milité contre le métro voulu par le maire gaulliste Jacques Chaban-Delmas, au lieu du tramway.

Parmi les axes principaux de son programme, à la tête de "Bordeaux Respire": le "gel des programmes immobiliers non engagés", "zéro artificialisation des sols", "50% de tous aménagements voués aux piétons-cyclistes" - de sa liste "Bordeaux Respire".

Jeanne Barseghian à Strasbourg

Elue haut la main dimanche maire de Strasbourg, l'écologiste Jeanne Barseghian, 39 ans, est une spécialiste du droit de l'environnement qui veut verdir davantage encore Strasbourg et faire de la métropole alsacienne la "capitale européenne de la transition écologique, sociale et démocratique".

Née en 1980 à Suresne, en banlieue parisienne, c'est à Berlin, où elle était partie finir ses études en droit européen et international, que Jeanne Barseghian prend conscience des enjeux écologiques. A son retour en France, en 2002, elle s'installe à Strasbourg, qu'elle ne quittera plus, pour y étudier le droit de l'environnement et suivre une formation d'éco-conseillère afin "d'agir en amont avant que les dégâts soient faits".

Très investie dans le milieu associatif strasbourgeois, elle oeuvre pour des projets de coopération avec l'Arménie, pays d'origine de son père, puis travaille à partir de 2012 aux côtés des élus écologistes à la Région Alsace. En parallèle, elle exerce en tant que consultante en développement durable, elle y planche notamment sur les scénarios de l'après-Fessenheim.

Elle intègre EELV en 2013 et coordonne la rédaction du programme des écologistes pour les municipales de 2014 à Strasbourg. Élue conseillère municipale, elle est nommée co-présidente du groupe écologiste et décroche à l'Eurométropole qui réunit Strasbourg et une trentaine de communes avoisinantes. Opposante farouche au projet de contournement autoroutier de Strasbourg (GCO), Jeanne Barseghian démissionne alors avec fracas avec les autres élus écologistes de l'exécutif de l'Eurométropole en 2018, lorsque débutent les travaux de ce chantier controversé.

François Astorg à Annecy

Six ans après sa première tentative, l'écologiste François Astorg a conquis Annecy dimanche aux dépens du maire UDI sortant Jean-Luc Rigaut, en s'alliant dans l'entre-deux tours avec la candidate dissidente LaREM Frédérique Lardet.

Ce consultant de 59 ans, fils d'un sympathisant de Jacques Chirac, a grandi à Neuilly-Plaisance, dans la région parisienne. En 1987, alors qu'il a 26 ans, il est victime d'une rupture d'anévrisme qui le fait encore boiter. Après une longue rééducation, il reprend ses études et pour les financer, décroche un emploi à l'association "Démocratie 2000" présidée par Jacques Delors. Il y croise notamment François Hollande, Ségolène Royal et Jean-Yves Le Drian.

En 1991, il est embauché par ce dernier, alors jeune secrétaire d'État en charge de la mer, comme chargé de communication. Il reste moins d'un an à son cabinet - jusqu'au départ de la Première ministre Édith Cresson - mais se sensibilise à l'écologie en s'intéressant aux problématiques liées à la pêche responsable.

Installé à Annecy, il revient sur la scène politique en 2009 comme simple militant chez EELV après avoir déchanté devant "l'archaïsme" des programmes du PS, sa "première famille politique". Il se présente en 2011 aux élections cantonales sous la bannière écologiste. Il est battu de justesse avec seulement 147 voix d'avance. En 2014, lors des municipales, il monte une liste EELV qui récolte 10% des voix au premier tour.

Léonore Moncond'huy à Poitiers

Léonore Moncond'huy, a été élue nouvelle maire de Poitiers a tout juste 30 ans. Celle qui travaillait jusqu'au début de sa campagne comme coordinatrice de projets dans l'aide publique à l'éducation, s'était engagée en politique à 25 ans. Tête de liste EELV pour la Vienne aux régionales de 2015 et élue, elle est devenue la plus jeune conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine où elle co-préside le groupe écologiste (18 élus).

Léonore Moncond'huy revendique son appartenance à la société civile, engagée dans le monde associatif, "non-professionnelle de la politique" et assure qu'elle "continuera à avoir une profession en plus de son mandat de maire". Elle avait été désignée tête de liste aux municipales par une élection sans candidat, lors d'une assemblée citoyenne ouverte à tous en novembre, pour "renouveler les visages et les pratiques politiques". Sa liste était soutenue par le parti communiste, ancien allié du maire sortant, Génération.s, Nouvelle Donne et Génération Ecologie.

Agnès Vignot à Besançon

Première femme et première écologiste élue maire de Besançon, Anne Vignot prône une "écologie sociale" dans une ville qui vote à gauche depuis près de 70 ans. Cette femme de 60 ans succède à l'ancien socialiste Jean-Louis Fousseret, devenu LaREM. Elle faisait partie de sa majorité depuis 2014 et occupait le poste d'adjointe au développement durable, à l'environnement et à la transition énergétique.

Anne Vignot est née le 28 février 1960 à Dole (Jura) dans une famille ouvrière de cinq enfants. Après une enfance dans la cité ouvrière de Tavaux (Jura), elle a étudié la géographie à l'université de Besançon, puis à Lyon. Elle a été administratrice puis présidente du Conservatoire régional des espaces naturels dès 1998 et directrice du Jardin botanique de Besançon de 2006 à 2014. Elle exerce actuellement la profession d'ingénieur de recherche en géographie au laboratoire chrono-environnement du CNRS.

Ses débuts en politique ont commencé il y a dix ans, lorsque EELV décida de constituer des listes formées à 50% de personnalités issues de la société civile pour les élections régionales. Les Verts lui avaient proposé de prendre la tête de liste dans le Doubs. C'est ainsi qu'elle a été élue conseillère régionale écologiste en 2010.

Cyrielle Cabot avec AFP