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Lille: au moins 2000 personnes dans les rues contre les violences policières et le racisme

Comme mardi, de nombreux Lillois ont investi la place de la République ce jeudi soir, avant de prendre la direction du palais de justice. Les forces de l'ordre ont eu recours au gaz lacrymogène après quelques jets de projectiles.

"Pas de justice, pas de paix." Ce jeudi soir, deux jours après un rassemblement sur la place de la République suivi d'une déambulation, au moins 2000 personnes ont à nouveau investi le parvis de la préfecture de Lille. Un flot de manifestants, dont une bonne part de jeunes, véhiculant des messages contre le racisme et les violences policières.

Une soif de justice qui fait écho à la mort de l'Afro-Américain George Floyd, décédé aux mains d'un policier blanc à Minneapolis, mais aussi aux décès d'Adama Traoré ou de Sélom et Matisse. Ces derniers, deux jeunes lillois, avaient été happés par un train en 2017 alors que la police intervenait dans le quartier.

"Il faut toujours se dresser contre les injustices, encore plus quand ça nous touche personnellement ou que ça touche nos amis", souligne une jeune manifestante sur notre antenne. 

L'auteur d'un jet de projectile hué par la foule

"Ça nous touche, prolonge une autre adolescente. On est là tous ensemble pour arrêter ça. On est tous pareil en fait. Je ne comprends pas comment il peut y avoir autant de racisme." "Il y a beaucoup d'injustices qui ont lieu dans ce pays et partout ailleurs, observe une troisième manifestante. Je pense que les derniers incidents ont été la goutte de trop".

La déambulation aura été pacifique pendant une bonne partie de la soirée, comme cela a pu être le cas mardi soir. Des premières tensions sont cependant apparues aux alentours de 20h, à la suite d'un jet de projectile isolé en direction des forces de l'ordre. L'auteur de ce geste a été hué par la foule, avant que l'un des organisateurs de cette manifestation non-déclarée en préfecture n'appelle au calme dans un mégaphone.

Après quelques autres jets de projectiles, peu après 20h30, la police a envoyé des grenades lacrymogènes pour disperser la foule, jusqu'ici réunie dans l'artère menant à la gare de Lille-Flandres. Des interpellations ont eu lieu dans les rues adjacentes.

Lionel Top avec Florian Bouhot