BFMTV

Lettre aux Français: "Macron veut montrer que ce débat à un sens" 

-

- - -

BAROMETRE DE EDITORIALISTES: Apolline de Malherbe et Thierry Arnaud analysent la lettre aux Français d'Emmanuel Macron, dévoilée ce dimanche soir.

Emmanuel Macron a dévoilé ce dimanche sa lettre aux Français, qui détaille les contours du grand débat national. Le coup d’envoi de cette grande consultation est prévu pour ce mardi 15 janvier. Dans sa missive, Emmanuel Macron pose une trentaine de questions, qui doivent servir de socle à l’organisation du grand débat.

> L'analyse de Thierry Arnaud: "un ton apaisé"

Pour notre éditorialiste politique Thierry Arnaud, cette lettre comporte plusieurs messages politiques. Mais sur le fond, Emmanuel Macron utilise "un ton apaisé".

"Pas de matière à polémique", juge Thierry Arnaud. "Il n'y a pas de petite phrase qui placera le président dans la difficulté, comme on a déjà pu le voir".

Par ailleurs, avec cette lettre, Emmanuel Macron met beaucoup de sujets sur la table. Citoyenneté, fiscalité, environnement, immigration… le chef de l'Etat aborde de nombreux sujets et posent beaucoup de questions. Pour Thierry Arnaud, "il essaie de montrer que ce débat à un sens, que la discussion est ouverte, qu'on peut parler de beaucoup de sujets". "Il laisse entendre qu'il peut modifier le cap de sa politique", ajoute-t-il. Mais "il montre aussi qu'il veut rester fidèle à son projet".

Parmi les nombreux messages politiques de cette adresse aux Français, l'un d'eux retient l’attention de notre éditorialiste. Dans sa lettre, Emmanuel Macron écrit: “je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère”. Thierry Arnaud note qu’Emmanuel Macron a préféré écrire “certains” plutôt que de faire une généralité. Pour ce dernier, c’est un vrai message qu’il veut faire passer.

> L'analyse d'Apolline de Malherbe: "Emmanuel Macron récolte ce qu'il a semé"

Avec cette exercice de politique participative, d’une certaine manière Emmanuel Macron “récolte ce qu’il a semé”, explique notre éditorialiste Apolline de Malherbe. Pour cette dernière, c’est l’idée véhiculée pendant la campagne d’Emmanuel Macron selon laquelle chacun pouvait donner son avis ou qu’il n’y avait plus de partis qui organisaient les propos, qui a conduit à arriver à ce type de débat national.

"C'est la montée d'une forme d'individualisation, avec l'idée que chacun est son propre homme politique".

"Elle ne date que de Macron, elle est aussi née avec les réseaux sociaux, sur lesquels chacun estime qu’il a une opinion et qu’il doit la donner". Apolline de Malherbe note qu'Emmanuel Macron en a déjà fait l'expérience pendant la campagne, avec le lancement de son mouvement En Marche et les questionnaires remontés par les Français avec des idées et des propositions. “Il a testé un format pendant sa campagne et aujourd’hui on est dans la quintessence de cela”, explique Apolline de Malherbe, qui met en lumière une "petite doute sur ce qu’on va pouvoir faire concrètement ressortir du débat”. Pour elle, l’exercice est “très compliqué”.

BFMTV.com