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Les subventions du spectacle vivant seront désormais conditionnées à la lutte contre les violences sexuelles

La ministre française de la Culture Roselyne Bachelot arrive pour une réunion au palais de l’Elysée à Paris le 19 juillet 2021.

La ministre française de la Culture Roselyne Bachelot arrive pour une réunion au palais de l’Elysée à Paris le 19 juillet 2021. - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Dans une interview au Parisien, la ministre de la Culture dévoile que les structures de spectacles subventionnées devront désormais respecter des engagements de lutte contre les violences sexuelles.

En cette journée internationale contre les violences faites aux femmes, Roselyne Bachelot se veut à l'offensive. Les subventions au spectacle vivant seront conditionnées au respect d'"engagements" formels contre les violences dans le cadre d'un nouveau plan de lutte gouvernemental, annonce la ministre de la Culture dans Le Parisien.

"Si beaucoup a été fait (...), il faut encore presser le pas", annonce clairement la politique.

Pour ce faire, Roselyne Bachelot "conditionne les aides pour toutes les structures du spectacle vivant subventionnés par le ministère au respect de cinq engagements contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels".

"Sensibiliser les équipes"

Parmi ceux-ci, il s'agit de "créer un dispositif de signalement efficace et traiter chaque témoignage", "former dès 2022 la direction" et l'encadrement "au recueil de la parole et à la gestion de situations de violences".

Les 1249 structures actuellement subventionnées qui comptent des scènes nationales, des centres dramatiques nationaux mais aussi des festivals ou des compagnies, devront également "sensibiliser formellement les équipes et organiser la prévention des risques", a encore détaillé la ministre.

Un point sera fait avec chaque structure à la fin de chaque période de subvention, avance encore l'ancienne animatrice télévisée.

"Le rachat" d'un artiste, sujet "cornélien"

Si ce plan ne s'adresse pas aux structures culturelles privées, Roselyne Bachelot "se dit confiante".

"Le mouvement sociétal est extrêment puissant (...) et il sera de plus en plus dur d'en faire fi", juge-t-elle.

Roselyne Bachelot revient également sur la présence de musiques composées par Bertrand Cantat, condamné en 2003 pour le meurtre de Marie Trintignant, dans une pièce jouée actuellement au Théâtre de la Colline.

"Un artiste criminel peut-il être racheté alors qu'un plombier le serait? Le sujet est délicat, cornélien même (...) Quand on sort de millénaires d'oppression, il faut (de la radicalité). Maintenant, mon rôle de ministre est d'essayer d'avoir une position équilibrée."

La révélation mi-octobre de cette collaboration avait fait débat, en plein mouvement #MeTooThéâtre de dénonciation des violences.

Marie-Pierre Bourgeois