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UMP: un prêt de 500.000 euros pose la question du financement des partis

Le siège de l'UMP devenu Les Républicains à Paris

Le siège de l'UMP devenu Les Républicains à Paris - AFP

La 51e fortune française a prêté 500.000 euros à des conditions avantageuses à l'UMP en 2013. PS et écologistes demandent plus de contrôle alors qu'une loi sur le sujet est en préparation.

C'est l'histoire d'un prêt d'un demi-million d'euros, accordé en plein marasme financier de feu l'UMP. Le bienfaiteur se nomme Jean-Pierre Savare, président de Oberthur France, une entreprise spécialisée dans les "solutions et les services de sécurité embarqués", soit dans le transport sécurisé d'objets de grande valeur.

A l'origine, selon les informations de Mediapart, qui a révélé l'affaire, la 51e fortune de France aurait souhaité venir en aide directement à Nicolas Sarkozy, condamné à rembourser le dépassement de ses frais de campagne de 2012. L'ancien chef de l'Etat a d'ailleurs été disculpé la semaine passée quand la justice a jugé légal le remboursement effectué à sa place par l'UMP.

Problème, les dons aux hommes politiques sont plafonnés à 7.500 euros. Mais selon le site d'investigation c'est un emprunt sur dix ans à un taux très bas (0,536%) de 500.000 euros qui a finalement eu lieu. Et avec des conditions de recouvrement très avantageuses puisque le contrat stipule que les premiers remboursements devront être réalisés en 2017, au plus tard en juin 2018. A cette même époque, Jean-François Copé emprunte également 3 millions d'euros au groupe UMP à l'Assemblée nationale

La question du financement des partis politiques

Ni Jean-Pierre Savare, ni le parti - Jean-François Copé et Catherine Vautrin, la trésorière de l'époque - n'ont voulu commenter l'information auprès de Mediapart. Mais le site d'information rapporte aussi que lorsque que le trio Raffarin-Juppé-Fillon a remplacé Jean-François Copé, démissionnaire, à la tête du parti en 2014, il s'est lui-même interrogé sur la légalité de ce prêt proposé à des conditions incomparables.

Finalement, le trésorier du PS dénonce un "mélange des genres malsain" - et assure que son camp s'y oppose, alors que l'ancien trésorier d'Eva Joly (candidate EELV en 2012) aimerait que la Commission nationale des financements politiques s'intéresse de plus près au dossier. Sans résultat pour le moment. Mais après l'affaire du financement du Front national, c'est bien celui de l'ensemble des partis politiques. Dans les rangs du PS, un texte de loi serait en préparation. 

S.A.