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"Taisez-vous, Elkabbach": plus de 40 ans d'interviews politiques houleuses

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Les internautes n'ont pas manqué de critiquer jeudi, la prestation des animateurs du débat des primaires de droite. Et notamment Jean-Pierre Elkabbach, grand habitué des prises de bec avec les politiques.

Au lendemain du troisième débat entre les candidats à la primaire de droite, les éditorialistes ont exhumé des archives de l'INA les passes-d'arme entre Jean-Pierre Elkabbach et ses nombreux invités politiques. En tête, le célèbre "Taisez-vous, Elkabbach", qui n'a en réalité jamais été prononcé tel quel par Georges Marchais.

Connivence ou agressivité

Aujourd'hui, les internautes moquent surtout sa longévité - "Si Jean-Pierre Elkabach est dans la télé, c'est bien que Prisunic existe encore, non?", ou "Ma mère me dit 'Juppé et Elkabbach à la télé? Pourquoi c'est en couleur?'".

Au cours de sa longue carrière, le journaliste a été souvent taxé de connivence avec le pouvoir de droite (Valéry Giscard d'Estaing) et de gauche (François Mitterrand), et critiqué pour ses questions agressives et directes ou au contraire trop complaisante - comme face à Nicolas Sarkozy en 2014.

Retour sur les cinq moments de télévision ou de radio les plus mémorables de Jean-Pierre Elkabbach face à des hommes et des femmes politiques.

> "Taisez-vous, Elkabbach"

Jean-Pierre Elkabbach en a fait le titre d'un livre, écrit avec son épouse, la romancière Nicole Avril. Cette phrase, le secrétaire général du Parti communiste, George Marchais, ne l'a pourtant jamais prononcée. Dans l'extrait en question, l'homme politique lâche tout de même "c'est extrêmement désagréable de discuter avec vous".

C'est l'humoriste Thierry Le Luron, avec Pierre Douglas, qui caricaturant Georges Marchais, a employé ce raccourci entré dans les annales. Mais les échanges musclés entre le secrétaire du Parti communiste et le journaliste sont nombreux. "Vous n'êtes pas payé au nombre de questions que vous posez", "Nous ne sommes pas au music hall", "Si vous avez une question, notez-là", "Moi aussi j'ai un cerveau", "Plus vous me faites perdre de temps, moins je répondrai à vos questions", figurent dans le florilège de piques lancées par Georges Marchais à Jean-Pierre Elkabbach.

> "Il paraît que maintenant vous lisez"

Vexé par les propos de la ministre de la Culture concernant Europe 1, qui offrirait moins de décryptage de l'information et de culture que les radios du service public, en avril 2015, Jean-Pierre Elkabbach n'a pas raté Fleur Pellerin. Recevant la ministre dans son émission il conclut l'entretien d'un cinglant et très condescendant:

"Il paraît que maintenant vous lisez".

Fleur Pellerin avait dû reconnaître fin 2014 qu'elle n'avait pas lu le dernier prix Goncourt signé Patrick Modiano, et qu'elle n'avait plus le temps de lire depuis qu'elle était ministre.

> "Quelle couleur vous préférez pour le mur?"

En mai 2014, sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach cueille le socialiste André Vallini avec cette question: "Quelle couleur vous préférez pour le mur?". "Le mur, quel mur?", demande le secrétaire d'Etat chargé de la Réforme territoriale. "Comment quel mur? Le mur sur lequel votre réforme territoriale va se fracasser", rétorque Jean-Pierre Elkabbach.

> "Vous n'avez pas honte?"

Jean-Pierre Elkabbach a réussi à surprendre Marine Le Pen. L'attaquant directement d'un "Bonjour Marine Le Pen, vous n'avez pas honte?". "Honte de quoi? De quoi me parlez-vous, Monsieur Elkabbach", répond la présidente du Front national, un peu sonnée.

Au lendemain de la grande manifestation du 11 janvier 2015, après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Casher, Jean-Pierre Elkabbach lui reproche son absence de la manifestation.

> "On n'ira évidemment pas très loin"

Parfois, comme Georges Marchais, les politiques se rebiffent. Et le bâton revient comme un boomerang à la figure de Jean-Pierre Elkabbach. En 2011, Manuel Valls défend ainsi âprement le candidat François Hollande. Au journaliste qui le trouve "particulièrement absent dans certains cas", l'intéressé répond:

"Si vous prenez vos références, et je ne doute pas que ce soit votre cas, dans les Une du Figaro et dans les éditoriaux de Monsieur Mougeotte qui trempe sa plume dans l'encrier de Nicolas Sarkozy, on n'ira pas évidemment très loin".
Magali Rangin