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Sarkozy dénonce une réforme territoriale "menée à l'encontre de tout bon sens"

Nicolas Sarkozy dénonce une réforme territoriale "ratée".

Nicolas Sarkozy dénonce une réforme territoriale "ratée". - AFP

Interrogé sur son lieu de vacances, en Corse, Nicolas Sarkozy a critiqué la réforme territoriale, qu'il estime "ratée" et "fondée sur un postulat: détruire ce que nous avions bâti".

Nicolas Sarkozy, président des Républicains, dénonce une réforme territoriale "ratée", qui a été "menée à l'encontre de tout bon sens", dans une interview à Corse matin, à paraître mardi.

"Je crois toujours au canton comme noyau dur de notre architecture institutionnelle locale pour protéger le territoire et garantir la proximité avec les citoyens", affirme le chef du parti d'opposition, interrogé sur son lieu de vacances en Corse.

"Réforme menée à l'encontre du bon sens"

Mais "pour faire de vraies économies et obtenir une plus grande lisibilité pour nos compatriotes, il fallait que les deux collectivités, région et département, fusionnent, d'où la création du conseiller territorial, à la fois conseiller régional et conseiller général", ajoute Nicolas Sarkozy, à propos de ce projet que lui-même avait fait adopter à la fin de son quinquennat. "C'était un beau projet, utile et novateur, que François Hollande s'est empressé de faire disparaître, dès son élection", regrette-t-il.

"Quant aux treize nouvelles régions, certaines sont d'une telle taille que ça va à l'inverse du but recherché. Je prends l'exemple de la région Rhône-Alpes-Auvergne. Il faut huit heures de route pour aller d'Aurillac à Val d'Isère et autant d'heures en train pour se rendre à Annecy". "Cette réforme est ratée car elle a été menée à l'encontre de tout bon sens, le projet de création de vice-présidences déléguées en est par exemple l'illustration", soutient-il.

La collectivité unique de Corse, "un bon choix"

A propos des élections régionales de décembre, le patron des Républicains regrette la présence de deux listes de droite en Corse, celles de José Rossi et Camille de Rocca Serra, qui ayant décidé de mener chacun leur propre liste au premier tour. "J'aurais préféré de beaucoup une liste d'union pour les prochaines élections territoriales", dit-il. Pendant ses vacances, selon un indiscret du JDD, Nicolas Sarkozy serait parvenu à convaincre les deux hommes de fusionner leurs listes au second tour. 

L'ex-chef de l'État affirme également que la collectivité unique de Corse, qui sera créée au 1er janvier 2018 grâce à un amendement de Marylise Lebranchu, est "un bon choix et un choix cohérent, pour un territoire de 360 communes et 320.000 habitants". Toutefois, il ajoute que pour créer cette collectivité unique, "la voie du référendum est indispensable". "Une reconnaissance de la spécificité insulaire de la Corse dans la Constitution ne me choquerait pas", affirme-t-il également.

Hollande et Valls "mentent aux Français"

Concernant la situation économique (croissance et emploi), l'ex-chef de l'État estime qu'"il n'y a aucune chance que les choses s'améliorent en s'entêtant à mener une politique qui est l'exact contraire de tout ce qui fonctionne ailleurs dans l'Europe".

Selon lui, "cela fait trois ans que François Hollande et Manuel Valls nous expliquent que ça va aller mieux, que le chômage va baisser, que la croissance va revenir, que les Français vont payer moins d'impôts. Trois ans qu'ils se trompent ou qu'ils mentent aux Français".

Il affirme également que "la crise avec la Russie coûte des centaines de millions d'euros aux agriculteurs français". Concernant les éleveurs de porcs, il ajoute que "la crise actuelle est plutôt liée à un problème français de mode de développement, à la structuration de la filière".

la rédaction avec AFP