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Quand Nicolas Sarkozy s'en prend de nouveau aux femmes voilées

Nicolas Sarkozy s'est attaqué aux "femmes voilées", ce jeudi matin sur Europe 1, au nom de "l'égalité" entre les hommes et les femmes.

Nicolas Sarkozy s'est attaqué aux "femmes voilées", ce jeudi matin sur Europe 1, au nom de "l'égalité" entre les hommes et les femmes. - Dominique Faget - AFP

En plus de s'être violemment attaqué à l'actuel gouvernement et son usage de l'article 49-3, Nicolas Sarkozy, invité d'Europe 1 jeudi matin, s'est de nouveau prononcé contre les "femmes voilées", au nom de "l'égalité" entre les hommes et les femmes.

C'est un sujet délicat qu'il a souhaité évoquer à deux reprises ce jeudi. Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a affirmé ce jeudi matin sur Europe 1 qu'il ne voulait "pas de femmes voilées", au nom de "l'égalité" entre les hommes et les femmes, mais sans préciser s'il faisait uniquement référence ou pas au port du voile intégral.

"Nous ne voulons pas de femmes voilées, pas pour des raisons religieuses, pas pour des raisons d'interprétation de l'islam" mais "tout simplement" parce que "dans la République, la femme et l'homme sont à égalité", a affirmé Nicolas Sarkozy, sans préciser, donc, de quel type de voile il parlait.

Vers un nouveau texte?

En 2010, le Président Sarkozy avait fait voter sous son quinquennat une loi interdisant la dissimulation du visage, et donc le port du voile islamique intégral (niqab, burqa) dans tout l'espace public, sous peine d'une amende de 150 euros et/ou d'un stage de citoyenneté. Cette loi a été validée par la Cour européenne des droits de l'Homme en 2014, qui avait été saisie par une Française d'origine pakistanaise.

Le patron de l'UMP a rappelé que son parti ferait "un texte" dont il a "confié la responsabilité au jeune maire de Tourcoing Gérald Darmanin et à Henri Guaino, sur la question absolument centrale des efforts que doit faire l'islam pour être compatible avec les valeurs de la République".

"C'est un problème considérable parce que les tensions sont si fortes dans notre pays en ce moment que nous ne pouvons pas nous permettre un mot qui puisse dépasser la pensée de chacun, provoquer des fractures et des violences dans notre pays", a-t-il ajouté. 

"La laïcité s'est construite dans la douleur"

"La laïcité s'est construite dans la douleur dans notre pays et il y a un certain nombre de pratiques sociétales que nous ne voulons pas", a poursuivi Nicolas Sarkozy, citant, outre le voile, "les prières dans la rue". 

"Ce n'est pas une question d'interprétation du Coran", a-t-il dit également à ce propos. "J'en parlerai avec les responsables du CFCM", le Conseil français du culte musulman. "Je leur dirai qu'au début du 20e siècle, nous sommes passés de la catholicité à la laïcité avec beaucoup d'efforts de la part des chrétiens, qu'au début du 19e, Napoléon a organisé la pratique de la religion juive, qui a demandé beaucoup d'efforts. Et je ne parlerai pas des protestants. On connaît l'histoire des guerres de religion dans notre pays", a-t-il dit. Selon l'ex-chef de l'Etat, "ce travail-là doit être fait dans le respect et avec le souci de la République et de la laïcité, dans un dialogue apaisé avec les représentants du culte musulman".

Le Collectif contre l'islamophobie critique un "propos odieux"

La porte-parole du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a vu dans la phrase de Nicolas Sarkozy sur les femmes voilées "un propos simplement odieux".

"Nous sommes donc devenues les indésirables, les microbes dont il faut se débarrasser, les moins-que-rien qui ne méritent même pas de vivre dans une 'République'. D'ailleurs, nous ne sommes même plus des femmes. Mais des femmes 'voilées', comme si c'était notre seule caractéristique", écrit Elsa Ray sur le site internet de ce collectif de musulmans militants.

Nicolas Sarkozy, accompagné de Gérald Darmanin et Henri Guaino, doit déjeuner avec les responsables du CFCM le 3 mars à la Grande mosquée de Paris.

Jé. M. avec AFP