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Quand Estrosi refait l'affaire Zyed et Bouna

Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, en mars 2014.

Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, en mars 2014. - Valéry Hache - AFP

Réagissant à la relaxe des deux policiers poursuivis dans le cadre de l'affaire Zyed et Bouna, le député-maire de Nice a enchaîné confusions et erreurs factuelles.

Quand Christian Estrosi confond l'affaire Zyed et Bouna et celle de Villiers-le-Bel... Invité ce mardi matin sur iTélé, le maire de Nice est revenu sur la relaxe des deux policiers jugés dans le cadre de l'affaire Zyed Benna et Bouna Traoré, ces deux adolescents morts en octobre 2005 dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, au terme d'une course poursuite avec la police. Problème: en évoquant l'affaire, le député UMP a fait plusieurs approximations.

"Je ne peux que me réjouir qu'ils aient été relaxés"

Poursuivis pour non-assistance à personne en danger, les deux policiers ont été relaxés lundi par le tribunal correctionnel de Rennes. Un verdict satisfaisant pour Christian Estrosi. "On ne peut pas, le 11 janvier dernier, défiler dans les rues de France pour la première fois en applaudissant les policiers, les forces de l'ordre, et les forces de sécurité intérieure, et les traîner dans la boue après. Surtout quand ils vont à la reconquête de territoires perdus de la République. Donc, je ne peux que me réjouir aujourd'hui qu'ils aient été relaxés", a-t-il réagi. 

Amalgame et erreur

Alors que je le jugement a suscité l'incompréhension des familles des victimes, Christian Estrosi a estimé que celles-ci "n'ont qu'à éduquer leurs enfants et faire en sorte qu'ils ne soient pas des délinquants". Avant de tempérer: "Malheureusement, ça s'est terminé par un événement extrêmement triste, la disparition d'un enfant, et je comprends qu'une famille puisse être triste".

Interrogé sur la qualification de "délinquants" utilisée pour les deux victimes, pour laquelle aucune preuve n'existe, le maire de Nice a répondu, faisant une nouvelle erreur, factuelle cette fois-ci:

"Mais de quoi parlez-vous? Ils étaient bien en excès de vitesse".

Confusion avec l'affaire de Villiers-le-Bel

Or, contrairement à ce qu'affirme l'élu, les deux adolescents n'étaient pas véhiculés au moment des faits, mais se déplaçaient à pied. En effet, ce 27 octobre 2005, lorsque la police intervient sur un chantier de Clichy-sous-Bois, au nord de Paris, des jeunes revenant de jouer au football prennent peur et s'enfuient à pied, poursuivis par les hommes en uniforme. Deux d'entre eux se réfugient dans un transformateur EDF où ils meurent électrocutés.

Christian Estrosi semble avoir confondu cette affaire, qui avait déclenché trois semaines d'émeutes dans les banlieues françaises, avec l'accident entre deux jeunes à scooter et un véhicule de police, en novembre 2007, à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, qui avait coûté la vie aux deux adolescents, et entraîné, là encore des émeutes.

A.S.