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Primaire à droite: y a-t-il eu "trocs" de parrainages?

Nadine Morano lors du campus de Les Républicains à la Baule, le 3 septembre 2016.

Nadine Morano lors du campus de Les Républicains à la Baule, le 3 septembre 2016. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Nadine Morano accuse certains de ses concurrents d'avoir "tripatouillé" la primaire, en lui proposant des échanges de parrainages.

A la veille de la date limite de dépôt des parrainages pour la primaire de droite, les esprits s'échauffent. Certains réussiront sur le fil à présenter le nombre de parrainages nécessaire, d'autres savent déjà qu'ils n'y parviendront pas. Nadine Morano ne s'avoue pas vaincue. Mais l'eurodéputée s'en est prise mercredi aux règles du scrutin.

"La primaire est viciée, maintenant elle est tripatouillée", écrit-elle sur Twitter, dénonçant "le mercato sous le manteau des parrainages". Au Huffpost, la candidate assure que des concurrents lui ont proposé des échanges de parrainages "pour répondre aux critères exigés".

Des difficultés pour les "petits" candidats

Les critères en question indiquent que chaque candidat doit réunir les parrainages de 250 élus, dont 20 parlementaires, répartis sur au moins 30 départements différents. Pour corser le tout, il ne faut pas que plus d'un dixième des signataires puissent être issus d'un même département. Enfin, les parrainages des militants doivent être répartis sur au moins 15 fédérations départementales. Là encore, même contrainte: il ne faut pas que plus d'un dixième des signataires soient issus de la même fédération.

Une réelle difficulté pour certains "petits" candidats. "Dans mon département de Meurthe-et-Moselle, j'ai davantage de parrainages qu'il ne m'en faut. C'est aussi le cas de mes concurrents, dont certains m'ont proposé d'échanger des parrainages", affirme Nadine Morano, qui précise avoir "refusé ces salades".

La Haute autorité en arbitre

Du côté de ses concurrents, motus et bouche cousue. Hervé Mariton refuse de commenter l'affaire. Chez Jean-François Copé, on affirme n'en avoir pas entendu parler, et même chose chez Bruno Le Maire dont l'entourage indique n'avoir "jamais été contacté" à cet effet. Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, n'a pas donné suite à nos sollicitations. 

De son côté, Thierry Solère, président du comité de l'organisation de la primaire, indique à BFMTV.com qu'en cas de contestation, chaque candidat peut s'adresser à la Haute autorité, voire à la justice "si les faits sont particulièrement graves".

Dès vendredi, la Haute autorité va examiner la validité de chaque parrainage: ils seront donc enregistrés un par un, et il sera vérifié que chaque militant à l'origine d'un parrainage est bien à jour de cotisation. Enfin, les doublons seront exclus. La liste officielle des candidats sera renduye publique le 21 septembre prochain.

A. K.