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Primaire à droite: jusqu'à quel point les sondages sont-ils fiables?

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé - AFP

Alain Juppé se maintient toujours en tête des intentions de vote au 1er tour de la primaire à droite de novembre, devant Nicolas Sarkozy, selon notre sondage Elabe publié mercredi. Sur quelle base sont réalisées ces enquêtes? Et quel électorat cible-t-elle?

Le 20 novembre, les électeurs devront choisir qui représentera la droite à la présidentielle. Selon le dernier sondage Elabe, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sont les mieux placés pour accéder au second tour. La troisième place semble se jouer entre l’ancien Premier ministre François Fillon et Bruno Le Maire. Mais ces prévisions pour un exercice inédit à droite, sont-elles fiables?

Un corps électoral difficile à cerner

"Toute la question est de savoir si l’échantillon des instituts de sondage est représentatif", explique, à BFMTV.com, Christine Fauvelle-Aymar, maître de conférence en sciences politiques. "Il est difficile de savoir exactement qui va se déplacer pour aller voter".

D'autant plus, qu’il s’agit d’une première primaire pour la droite. Le corps électoral reste donc difficile à définir. Les sympathisants de gauche se déplaceront-ils? Qu'en est-il de ceux de droite ou d'extrême droite?

Pour répondre à ces difficultés, le directeur du département Opinion et Stratégie d'entreprise de l'Ifop, Jérôme Fourquet, explique à Ouest France que le nombre de personnes interrogées est plus conséquent que lors de l'élection présidentielle. 

"On travaille sur des échantillons plus larges, de l'ordre de 7.000 à 8.000 personnes, au lieu de 2.000 pour une présidentielle. Pour avoir, au final, 600 ou 700 personnes certaines d'aller voter."

2.7 millions de personnes en 2012 pour le PS

A titre de comparaison, pour les primaires de la gauche de 2012, 2.7 millions de personnes s’étaient déplacées, selon les chiffres du Parti socialiste, qui espérait un million de votants.

Aussi, pour tenter de mesurer la solidité de l’intention de vote, les instituts questionnent les sondés sur des exemples concrets comme le prix de la participation, l’adresse des bureaux de votes ou encore sur la charte à signer.

"Pour le second tour, les instituts de sondages pourront se fier aux votes des personnes interrogées et réajuster leurs prévisions. Mais dans tous les cas, il ne faut pas oublier qu’un sondage ce n’est qu’une image à un moment précis", ajoute Christine Fauvelle-Aymar.

De plus dans les colonnes du Parisien le directeur général délégué France d'Ipsos, Brice Teinturier ajoute: "on peut aussi assister à des évolutions rapides et brutales. Il s'agit d'un vote dans la même famille politique. En changeant de candidat, les électeurs n'ont pas l'impression de trahir, ce qui peut être le cas quand on passe de la droite à la gauche". 

Elodie Hervé