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Loi sur les séparatismes: pour Valérie Pécresse, le vrai danger vient de "l'entrisme"

Un an après l'attentat à la préfecture de police de Paris, et alors qu'Emmanuel Macron doit dévoiler ce vendredi son plan contre les séparatismes, la présidente d'Île-de-France estime sur RMC et BFMTV que la menace est déjà présente parmi les fonctionnaires et les élus de la République.

Et si le "danger" se situait ailleurs? Alors qu'Emmanuel Macron devait présenter dans les prochaines heures son plan d'action contre les "séparatismes", Valérie Pécresse lui oppose ce vendredi la notion "d'entrisme", qui constitue selon elle la véritable menace.

"Le gouvernement parle de séparatismes pour parler de la menace islamique radicale", traduit la présidente de la région d'Île-de-France invitée de RMC et BFMTV, attestant que oui, "les islamistes radicaux sont une menace qui se traduit, parfois, par une coupure, par un retrait de la société".

"Ce que je constate" poursuit notre invitée, "et qui est beaucoup plus dangereux, c'est l'entrisme islamiste radical, pas le séparatisme, l'entrisme [...], partout, la présence de personnes qui sont radicalisées, dont on connait la radicalisation".

Pour illustrer ses dires, l'élue évoque l'enquête de nos confrères du Parisien parue ce jour sur l'attentat à la préfecture de police de Paris, perpétré il y a un an, et qui avait coûté la vie à quatre personnes. Des collègues affirment aujourd'hui qu'ils avaient repéré des comportements inquiétants chez Mickaël Harpon, sans que ça ne puisse éviter son passage à l'acte.

"Il faut changer la loi"

"Il n'y a quelque chose que je ne comprends simplement pas", poursuit celle qui a quitté Les Républicains l'an passé, "nous avons 20.000 personnes radicalisées*, et fichées comme telles par l'unité centrale de la lutte antiterroriste, ce sont des chiffres officiels" cite-t-elle, avant d'énumérer une série d'interrogations:

"Qu'est-ce qu'on en fait? Qu'est-ce qu'on fait de cette liste? Est-ce que c'est normal qu'ils (les personnes fichées pour radicalisation, NDLR) puissent enseigner dans les écoles, est-ce que c'est normal qu'ils puissent animer des clubs sportifs?" Elle insiste: "Faire la prière dans un club sportif, est-ce que c'est normal?"

Face à cet "entrisme dans les services publics", Valérie Pécresse estime qu'"il faut changer la loi" et a de fait "plusieurs propositions" en tête.

Lutter à "armes égales"

"Quand on est fonctionnaire, quand on est élu de la République [...] contre l'entrisme, il faut faire un serment que la loi de République est au-dessus de votre loi religieuse, au-dessus de toutes les autres, quand on entre dans la fonction publique", préconise la présidente de région.

"S'il y a radicalisation", poursuit-elle, "s'il y a rupture de ce serment, on devrait pouvoir être écarté de la fonction publique, écarté des postes de contact avec la jeunesse, écarté des services publics".

Face à ce danger, l'ancienne ministre du Budget souhaite lutter à "armes égales". Elle déplore, pour conclure, que les maires ne se soient jamais vu donner les noms des personnes radicalisées et fichées dans leur ville, comme l'avait proposé Emmanuel Macron en mai 2018.

*Le 31 août dernier, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé que 8132 personnes sont à ce jour inscrites au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), un suivi de renseignement qui diffère du "Fichier S".

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV