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"Lobbies sionistes": Poisson se dit "victime d'un vif acharnement"

Jean-Frédéric Poisson, l'un des 7 candidats de la primaire à droite

Jean-Frédéric Poisson, l'un des 7 candidats de la primaire à droite - Joel Saget -AFP

Le candidat à la primaire de droite a fait l'objet de vives condamnations de la part de certains de ses concurrents, après ses propos sur les "lobbies sionistes". Dans une lettre au Crif, il a finalement indiqué "regretter" ses propos et leur "interprétation", avant de les assumer plus tard lors d'une interview.

Le discours tenu par Jean-Frédéric Poisson dans Nice-Matin ne passe pas auprès de ses concurrents de la primaire à droite. Le président du Parti chrétien-démocrate (PCD), évoquant la présidentielle américaine, a affirmé que "la proximité de Hillary Clinton avec les super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereux pour l'Europe et la France".

Des propos relevés par Nathalie Kosciusko-Morizet: dans un tweet jeudi soir, la députée a annoncé qu'elle saisirait la Haute autorité de la primaire. 

Ce vendredi, NKM a publié sur Twitter la lettre adressée à la Haute autorité.

"Il n'a plus sa place dans la primaire", selon Estrosi

Cette déclaration a également été condamnée par Bruno Le Maire, qui participait jeudi soir à l'Emission politique sur France 2. "Il y a dans notre pays des actes antisémites qui vont jusqu'à l'assassinat, et je ne comprends pas qu'on puisse tenir de tels propos. Je le condamne et ce sera aux électeurs de juger", a-t-il affirmé.

De son côté, Christian Estrosi, qui n'est pas candidat, a demandé vendredi sur France Info à Jean-Frédéric Poisson de "retirer" ses propos et "de bien vouloir s'en excuser". Le cas échéant, selon le président de la région Paca, "il n'a plus sa place dans la primaire". Christian Estrosi a également demandé à la Haute autorité de "bien vouloir convoquer monsieur Poisson et de prendre les décisions nécessaires". Des protestations qui ont fait écho à celles du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui avait lui aussi réclamé une "condamnation ferme" de ces propos.

Poisson s'excuse à demi-mot

Thierry Solère, député Les Républicains et président de la Commission d'organisation de la primaire de la droite, a déjà indiqué que cette question serait à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la commission le 26 octobre. 

Jean-Frédéric Poisson, lui, a d'abord affirmé ressentir "comme une injure" les condamnations de ces propos. "De ma part, c'est un commentaire sur le contenu de la vie politique et si j'avais dû dire 'groupe de pression' pour donner à mon vocabulaire un caractère moins corrosif dans la vie politique en France, je veux bien parler de groupe de pression", a-t-il ajouté. Plus tard dans la journée de vendredi, il a finalement dit, dans une lettre au Crif, "regretter infiniment l'interprétation" de ses mots.

Des propos à mettre en perspective puisque sur BFMTV il estime dans la soirée être victime d'un "vif acharnement". "Je réclame le droit en tout état de cause de parler en vérité des enjeux internationaux, y compris lorsque ça met au jour des choses qui sont difficiles", a-t-il martelé. Voilà de quoi jeter à nouveau le trouble. 

Ariane Kujawski