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"La politique du bouc émissaire": Retailleau critique l'annonce de la suppression de l'ENA

Après avoir annoncé une réforme de l'école au lieu de sa suppression, Emmanuel Macron devrait finalement revenir à sa promesse initiale.

Emmanuel Macron doit annoncer ce jeudi qu'il va finalement supprimer l'École nationale d'Administration (ENA), a appris BFMTV ce jeudi confirmant une information d'Europe 1. Une promesse qu'il avait faite au sortir de la crise des gilets jaunes, finalement délaissée au profit d'une réforme de la prestigieuse institution, évoquée en février dernier, avant ce nouveau revirement.

Une annonce que le patron des sénateurs Les Républicains (LR) Bruno Retailleau assimile à "la politique du bouc émissaire".

"On supprime l'ENA pour ne pas avoir à réformer l'État", a estimé le sénateur de Vendée ce jeudi, invité de BFMTV-RMC.

"Qu'a-t-il fait pour réformer l'État? Jamais en France, ça a été un des problèmes qu'a montré la crise sanitaire et il faudra en tirer les conséquences, jamais l'État n'a été autant centralisé, bureaucratisé. Le problème ce n'est pas l'ENA, le problème c'est le politique qui doit diriger son administration", tance le parlementaire, qui juge qu'"on a besoin d'une élite".

"Une fausse décision qui ne changera rien du tout"

"J'étais patron de département, j'étais patron de région et j'ai eu au sommet de la pyramide de mes administrations de jeunes énarques. Je leur tire le chapeau, c'était des gens de très grande qualité, simplement c'est pas eux qui me dirigeaient, c'était moi qui les dirigeais", a ajouté Retailleau.

"L'ENA n'est pas le problème français, le problème français c'est la réforme de l'État", juge le sénateur, qui voit là un effet de manche. "C'est très macronien, on prend un bouc émissaire, on prend une fausse décision qui ne changera rien du tout."

Clarisse Martin Journaliste BFMTV