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L'UMP surjoue l'unité et pense à la primaire

Jean-Pierre Raffarin, Jean-François Copé et François Fillon samedi 25 janvier au Conseil national de l'UMP

Jean-Pierre Raffarin, Jean-François Copé et François Fillon samedi 25 janvier au Conseil national de l'UMP - -

Le Conseil national de l'UMP s'est réuni, samedi à Paris, et a voté la totalité, avec plus ou moins d'adhésion, des questions qui lui ont été soumises. Reste que pour obtenir l'unité clamée à la tribune, il faudra sûrement attendre la primaire à la présidentielle annoncée pour 2016...

Tout ce qui a été soumis au vote samedi lors du Conseil national de l'UMP à Paris a été validé par les quelque 2.000 conseillers nationaux présents. Du bureau politique à la création du Haute autorité à la primaire en passant par les investitures ou la hausse de cinq euros de la cotisation d'adhésion.

A la tribune, le mot d'ordre est clair: unité et rassemblement en vue de remporter les élections municipales et européennes à venir. Jean-François Copé a mis en garde contre "les commentaires de presse qui présentent l'UMP comme malade" et assuré que "le parti est sur le chemin de l'invincibilité".

Les prises de parole, dans l'ordre, de Bruno Le Maire, Xavier Bertrand, Christian Jacob, François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, Jean-François Copé sont du même acabit.

Des attaques contre François Hollande

Avec un soupçon supplémentaire d'attaques - notamment François Fillon - contre le président de la République. Et un désaccord sur le soutien - ou non - au "pacte de responsabilité" prôné par François Hollande s'il venait à être précisé dans ses modalités. Xavier Bertrand s'est offert une salve d'applaudissements en balayant cette option.

Mais certaines absences sont néanmoins lourdes de sens: Alain Juppé, bloqué à Bordeaux, François Fillon ou encore François Baroin qui ne sont finalement arrivés, comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Xavier Bertrand, qu'après les votes du matin.

"Je retourne dans ma ville !" lance @francoisbaroin aux journalistes, 30 min après son arrivée au #CNUMP et sans avoir assisté aux travaux.
— Damien Fleurot (@DamienFleurot) 25 Janvier 2014

Une attitude critiquée par Jean-Pierre Raffarin lors de son intervention qui a aussi appelé à "arrêter les coups" à l'encontre de Jean-François Copé.

"Rassemblement et unité", a répété Eric Ciotti en évoquant la future intervention de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Un projet adopté malgré les critiques

Pourtant, le début de journée avait été marqué par une sortie, à l'adresse de Jean-François Copé, d'Henri Guaino - pas en phase avec la ligne politique du parti et faite, selon lui, pour "de nouveau désespérer" les Français de droite. "C'est normal que tout le monde pousse son cri d'identité. Chacun exprime ses différences, c'est humain", a désamorcé Jean-François Copé sur BFMTV juste avant l'ouverture des débats.

"Une initiative sympathique mais isolée", a glissé de son côté Brice Hortefeux, président des Amis de Nicolas Sarkozy. "Pas besoin d'être alignés à l'UMP, chacun a le droit d'avoir ses propres convictions", a assuré, pour sa part, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, par ailleurs maître de cérémonie... et du chronomètre.

Malgré les critiques, en fin de matinée, le projet "Redressons la France, nos mesures d'urgence" en vue de 2017, élaboré mi-décembre et qui prévoit notamment moins de charges pour les entreprises, une baisse des impôts et de la dépense publique ou encore un retour sur les 35 heures, a été largement validé -91%- par le conseil national.

Le bureau politique, qui fait la part belle aux proches de Jean-François Copé, François Fillon et des trois "neutres" que sont Alain Juppé, Bruno Le Maire et Xavier Bertrand, a lui aussi été élu sans soubresaut tant les tractations entre les différents camps avaient été menées en amont.

Gaudin: "On a le temps pour 2017"

Et pendant que Nadine Morano, qui a dirigé la commission en question, prenait des photos, (les investitures pour les européennes - à 74% - et pour les municipales - à 91% - ont été acceptées en coulisses), c'est bien la question de la primaire qui a occupé les discussions.

"Personne ne doit pouvoir y échapper", avait affirmé quelques jours plus tôt Bruno Le Maire. "Les primaires sont un système moderne, bien préférable aux combines d'arrière-cour", avait de son côté déclaré Laurent Wauquiez.

Samedi, 90% des votants ont donc acté l'idée via l'installation d'une "haute autorité" chargée d'organiser la primaire pour la présidentielle de 2017. "On a tout le temps d'y arriver", martèle au micro un Jean-Claude Gaudin offensif.

"La primaire? Pas un obstacle pour Sarkozy"

"La primaire garantie l'unité", a défendu Eric Ciotti, proche de François Fillon et élu au bureau politique. "Désormais, la Haute autorité existe et seul un Congrès pourrait revenir dessus." La position de Nicolas Sarkozy a concentré les attentions car, s'il ne l'a jamais confirmé, il n'a jamais contredit ses proches qui ne lui prêtent pas l'intention de concourir.

"Je ne crois pas qu'il puisse se passer de la primaire, a estimé le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti. "Si sa cote est aussi haute qu'estimée aujourd'hui, ce ne sera pas un obstacle pour lui. Plus l'échéance va se rapprocher et plus les militants voudront aussi s'exprimer."

Un sondage BVA a d'ailleurs révélé qu'une large majorité des sympathisants de droite (68%) souhaitaient que Nicolas Sarkozy passe par la primaire. Ils sont 62% chez les seuls sympathisants UMP.

Mais pour Eric Ciotti, qui a affirmé que "ce scrutin interne avait fait ses preuves au PS où François Hollande n'aurait pas gagné sans", "la primaire mettra un terme à la confusion et aux divisions". L'union tant affichée attendra au moins encore deux ans malgré une photo de famille finale pas forcément au goût de tous.

Samuel Auffray