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L'UMP accusée "d'incivisme" après son appel à l'abstention dans le Doubs

Un panneau d'affichage électoral lors de la présidentielle de 2012

Un panneau d'affichage électoral lors de la présidentielle de 2012 - JOEL SAGET - AFP

Alors candidat à la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy avait tenu ce discours. Or son parti a entériné un texte, mardi soir, préconisant à ses électeurs "le vote blanc ou l'abstention" pour le second tour de la législative partielle du Doubs.

A chaque scrutin en France le refrain était repris: l'abstention gagne du terrain... Présidentielle, législatives, municipales ou européennes, chaque fois la même rengaine. Dernier exemple en date, la partielle du Doubs où seuls 4 électeurs sur 10 se sont rendus aux urnes. Dimanche, et alors que le second tour opposera un candidat du PS à une candidate du FN, l'UMP, dont la position était attendue, a appelé au "ni-ni", ni Parti socialiste, ni Front national. 

Mais le document qui entérine une position que ne défendait pas Nicolas Sarkozy ajoute: l'UMP appelle les électeurs de la 4e circonscription du Doubs à "exprimer leur double opposition en votant blanc ou en s'abstenant". Rue de Vaugirard, au siège du parti, on considère aussi que les électeurs sont libres de prendre leur décision seule.

Le PS attaque, l'UMP se tait

Mais cette proposition de l'abstention a fait bondir des personnalités politiques, notamment dans la majorité. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a écrit sur Twitter "L'irresponsabilité politique est aux commandes à l'#UMP ce soir: C'est non au #FN, mais oui à l'abstention pour le faire passer. #Doubs". Même son de cloche chez le maire PS du 10e arrondissement de Paris Rémi Féraud: "La lâcheté de l #UMP qui appelle à l'abstention plutôt qu'à la défense de la République... La honte et l'incivisme réunis!". 

Les élus UMP sont eux restés discrets sur ce point, saluant les débats internes au parti et une solution trouvée de manière collégiale. Cet appel à l'abstention d'un parti majeur en France peut surprendre comme par le dit, par exemple, l'ancienne patronne du Medef Laurence Parisot: "Je ne comprends pas qu'un grand parti politique comme l'UMP puisse recommander l'abstention. C'est l'exact contraire de l'esprit du 11 janvier", où à l'occasion de la marche républicaine UMP et PS avaient assuré défendre les mêmes valeurs au-delà de leurs divergences politiques.

Quand Nicolas Sarkozy fustigeait l'abstention

D'autant que, pointe Le Lab, Nicolas Sarkozy, alors en campagne pour la présidentielle de 2012, ne mâchait pas ses mots envers l'abstention et les abstentionnistes. "L’abstention, c’est une fuite. L’abstention, c’est un refus d’assumer ses responsabilités. L’abstention, c’est un renoncement. L’abstention, c’est laisser les autres décider. L’abstention, c’est le contraire du courage", lançait-il à la tribune lors d'un meeting à Lille.

Dans les faits, en 2014 le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement avait appelé à l'abstention à l'occasion des élections européennes du mois d'avril pour protester contre le peu de pouvoir du Parlement de Bruxelles mais aussi face à leur impossibilité de présenter des candidats dans un temps très court après les municipales. Cinq ans plus plus tôt, rappelle Le Figaro, le MRC préconisait le vote blanc ou nul.

S.A.