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Démission de Cahuzac: la droite entre réjouissance et prudence

La députée UMP Nadine Morano réagit à la démission de Jérôme Cahuzac, le 19 mars 2013 sur BFMTV

La députée UMP Nadine Morano réagit à la démission de Jérôme Cahuzac, le 19 mars 2013 sur BFMTV - -

Tirer parti d'un nouveau coup dur pour le gouvernement sans attaquer un ministre qui n'est pas directement mis en cause par la justice... Les réactions n'ont pas manqué à droite après l'annonce mardi soir de la démission du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.

Se réjouir d'un nouveau coup dur du gouvernement sans porter atteinte à la présomption d'innocence de Jérôme Cahuzac, pas directement mis en cause par la justice... Depuis mardi soir 19h, heure à laquelle a été annoncée la démission du ministre du Budget, la droite s'attelle à un exercice d'équilibriste.

A l'image d'Alain Juppé qui, tout en soutenant Jérôme Cahuzac qui "a pris la bonne décision", a immédiatement souligné la tâche que laissait cette démission sur le gouvernement. "Il y a une lecture politique à faire de cette démission, c'est qu'elle fragilise énormément le gouvernement, a déclaré le maire UMP de Bordeaux, mercredi matin sur BFMTV. Depuis des mois, on nous explique que Jérôme Cahuzac est une pièce-maîtresse du gouvernement. Or, la France affronte actuellement des difficultés économiques et la crise européenne est peut-être en train de renaître."

Copé renforcé

La veille, Nadine Morano avait été plus directe, estimant sur RTL que "Cahuzac n'était plus à même de gérer les affaires de la France" mais défendant tout de même sa présomption d'innocence. L'ancien ministre UMP Laurent Wauquiez avait même déclaré que le ministre du Budget "aurait dû démissionner plus tôt", en raison des "soupçons de collusion et de conflits d'intérêt" qui pèsent sur lui.

Car tout l'enjeu pour l'UMP consiste désormais à capitaliser sur ce coup dur pour le gouvernement exemplaire défendu depuis des mois par François Hollande et Jean-Marc Ayrault. "La situation pour monsieur Cahuzac était probablement intenable compte tenu des dernières informations qui ont été révélées, notamment par le parquet. C'était le seul choix possible", a jugé Jean-François Copé mardi soir.

Ayrault et son comportement "ignoble"

Et à défaut de fustiger l'homme Cahuzac, de reporter sur le chef d'Etat et son Premier ministre les critiques. Les attaques ont finalement fusé de manière détournée. Le chef de file des députés UMP Christian Jacob s'est ainsi refusé à tout commentaire sur l'affaire en elle-même, mais en a quand même profité pour adresser un message au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. "On ne va pas se comporter de manière ignoble comme le faisait monsieur Ayrault" avec Woerth, a-t-il affirmé mercredi matin sur France Info.

De quoi occuper encore un peu plus le terrain à quelques heures de la présentation de la motion de censure contre la politique économique du gouvernement.


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S. C.