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Déchéance de nationalité: quand Juppé se contredit

Entre son livre à paraître et son entretien au JDD sur le sujet, Alain Juppé plaide "pour plus" de déchéances de nationalité mais uniquement contre les binationaux naturalisés français contrairement au projet de réforme proposé par François Hollande et le gouvernement. Jack Lang a pointé cette contradiction dans le discours du maire de Bordeaux.  

Les débats autour de l'inscription dans la Constitution de la déchéance de la nationalité se poursuivent et les politiques de tous bords multiplient les prises de positions. Ainsi dimanche dans le JDD, le candidat à la primaire de Les Républicains Alain Juppé juge cette réforme "pas utile" puisque "son efficacité sera faible, voire nulle" contre le terrorisme mais précise qu'il "la voterait s'il était député". Le maire de Bordeaux dénonce notamment un "coup politique" de François Hollande qui utilise un sujet cher à la droite quitte à se braquer avec une partie de sa majorité.

Mais dans son nouveau livre - Pour un Etat fort à paraître le 6 janvier - Alain Juppé prône, parmi de nombreuses propositions, de "prononcer davantage de déchéances de nationalité pour les binationaux auteurs d'actes terroristes" ce que n'a pas manqué de relever Jack Lang, invité du Grand Rendez-vous d'Europe1.

Une différence entre Juppé et Hollande

La proposition de François Hollande vise à élargir cette possible mesure aux binationaux nés Français. Et c'est là que se situe la différence entre les deux hommes puisque Alain Juppé se limite "aux incriminations déjà prévues dans le Code civil pour la déchéance des Français binationaux naturalisés", comme il le détaille dans le Journal du dimanche. "La polémique porte sur cette modification" précise au Parisien Benoist Apparu, soutien d'Alain Juppé en vue de 2017.

Le principe de la déchéance de nationalité étendue aux terroristes nés Français, a été adopté par le Conseil des ministres le 23 décembre dans le projet de réforme et doit être examiné à l'Assemblée nationale à partir du 3 février. Il est notamment soutenu ardemment par Manuel Valls malgré l'opposition de poids lourds du gouvernement comme Christiane Taubira.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, près d'un Français sur neuf se dit favorable à la déchéance de nationalité en cas de condamnation pour terrorisme. Une majorité estime également que cette mesure n'est pas contraire aux valeurs de gauche.

S.A.