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Corbeil-Essonnes: Serge Dassault mis en examen pour achat de votes

Serge Dassault est mis en examen.

Serge Dassault est mis en examen. - -

L'UMP Serge Dassault a été mis en examen pour achat de voix à Corbeil-Essonnes, complicité de financement illicite de campagne électorale et financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé.

L'industriel et sénateur UMP Serge Dassault a été mis, jeudi, en examen dans l'enquête sur les achats de votes présumés dans sa ville de Corbeil-Essonnes.

L'ancien maire, âgé aujourd'hui de 89 ans, a notamment été mis en examen pour achat de vote, complicité de financement illicite de campagne électorale et financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé. Aucun contrôle judiciaire ne lui a été imposé, a ajouté la source. L'avocat de Serge Dassault a affirmé que son client contestait le bien-fondé de sa mise en examen.

Il a reconnu des "dons"

L'industriel avait été placé en garde à vue les 19 et 20 février dans le cadre de l'enquête ouverte à Paris sur un système présumé d'achats de votes à Corbeil-Essonnes. Il était resorti libre.

Serge Dassault devait être ultérieurement convoqué chez les juges d'instruction du pôle financier de Paris, Guillaume Daïeff et Serge Tournaire, pour un interrogatoire en vue d'une éventuelle mise en examen. Jusqu'à présent, s'il a reconnu des dons, il a toujours réfuté un quelconque lien avec de la corruption électorale lors des municipales de 2008, 2009 et 2010, les trois scrutins qui intéressent les magistrats instructeurs.

Trois scrutins concernés

En février dernier, Libération avait affirmé qu'une liste avait été saisie en 2013 au domicile de l'industriel: celle-ci détaillait des dons et avantages accordés à environ 130 personnes. Selon le quotidien, il s'agissait de "quatre versions d'un listing d'électeurs, comportant environ 130 noms" et datés de "décembre 2009 et janvier 2010".

Libération avait affirmé que 70 noms étaient concernés par des dons d'argent, allant de quelques centaines d'euros à plusieurs milliers. Dans d'autres cas, des prêts auraient été accordés, des permis de conduire financés. Le quotidien avait aussi fait état de "dons de natures très diverses": "1.000 euros afin de payer une 'amende'" ou encore "500 euros pour 'soutien sortie détention'". Pour 45 autres noms, aucune somme n'aurait été versée, s'agissant par exemple de jeunes ayant bénéficié d'un contrat aidé à la mairie de Corbeil.

Jean-Pierre Bechter, actuel maire de la ville, a pour sa part été mis en examen par les juges, comme quatre autres protagonistes: l'une de ses adjointes, Cristela de Oliveira, un cadre local de l'UMP, Jacques Lebigre, et deux intermédiaires présumés du système, Younès Bounouara et Mamadou Kébé. En tout, sept millions d'euros auraient pu atterrir entre les mains d'intermédiaires, notamment via des fonds venant du Liban.

M.K. avec AFP