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Brice Hortefeux juge "inéluctable" le rétablissement des contrôles aux frontières

Brice Hortefeux sur le plateau de BFM Politique, le 13 septembre.

Brice Hortefeux sur le plateau de BFM Politique, le 13 septembre. - BFMTV

L'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux était l'invité de l'émission BFM Politique, sur BFMTV, dimanche. L'essentiel de ses déclarations.

Invité de l'émission BFM Politique, sur BFMTV, ce dimanche, l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, a estimé que le rétablissement provisoire par Berlin des contrôles à la frontière germano-autrichienne face à l'afflux de réfugiés, annoncé ce dimanche après-midi par le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière, était "prévisible, pour ne pas dire inéluctable". 

"Thomas de Maizière résume la pensée de la plupart des dirigeants européens, à savoir qu'il faut repenser Schengen. Lorsqu'il y a une crise migratoire profonde, il faut que les Etats puissent suspendre Schengen'", a déclaré Brice Hortefeux, pour qui il faut "réorienter la politique européenne, changer et refonder Schengen". "Nous sommes aujourd'hui confrontés à un phénomène qui n'est pas ponctuel, mais profond et durable", a-t-il ajouté.

"Les quotas créent systématiquement un appel d'air"

L'ancien ministre a par ailleurs réaffirmé son opposition au système de quotas obligatoires de réfugiés à accueillir, proposé par la Commission européenne, qui selon lui est "une erreur". "Je considère que les quotas sont une erreur, ils créent systématiquement un appel d’air. Quand on fixe un chiffre, obligatoirement ça entraîne un afflux supplémentaire", a-t-il argumenté.

"Comment fixer le chiffre? Quand le président de la Commission européenne dit 'quelques dizaines de milliers', et maintenant l'on est à plus d'une centaine de milliers, qu'est-ce qui nous que demain ce ne sera pas encore davantage?", a interrogé Brice Hortefeux. "Il faut que nous accueillions les vrais persécutés. Et nous devons dans le même temps envoyer un vrai message aux immigrés qui viennent de manière clandestine, illégale, sur le territoire français. Ce qui signifie que quand on vient de manière illégale, on doit être reconduit dans son pays d'origine", a-t-il souligné. "En France, le nombre de clandestins reconduits à la frontière est en nette diminution, en baisse de 16% depuis 2011". 

"300.000 migrants par an, c'est l'équivalent de la ville de Nantes"

Et l'ancien locataire de la place Beauvau d'avancer plusieurs chiffres: "Je rappelle que la France est aujourd'hui le pays d'Europe qui compte le plus de citoyens placés sous un statut de protection, avec 280.000. Nous avons aussi une explosion de la demande d'asile. Le nombre de demandes était de 42.000 en 2009, contre 62.000 l'année dernière. C'est donc une augmentation de près de 5%".

"La réalité de l'immigration en France, c'est que, l'année dernière 207.000 immigrés légaux sont arrivés sur notre territoire. Mais le chiffre réel s'élève à plus de 300.000, car il faut ajouter les enfants nés de parents isolés, les 62.000 demandeurs d'asile, et d'autres catégories. 300.000, c'est l'équivalent de la ville de Nantes. C'est comme si chaque année, il y avait en termes de migrants légaux et illégaux, l'équivalent de la ville de Nantes", a affirmé Brice Hortefeux. "Ce n'est plus supportable pour notre système économique et social". 

A.S.