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Les pro-vie reprochent à l'Etat d'être à l'origine de la mort de Vincent Lambert

Après onze années d'atermoiements médicaux et judiciaires, Vincent Lambert est mort ce jeudi. Les militants pro-vie et opposants à la loi Leonetti-Claeys ont rapidement manifesté leur mécontentement.

Neuf jour après l’arrêt de ses traitements, Vincent Lambert est mort ce jeudi matin, à 8h24 au CHU de Reims. Son décès met un terme à un long feuilleton judiciaire et médiatique qui a vu la famille de Vincent Lambert se déchirer. D'un côté, ses parents, Viviane et Pierre, fervents catholiques fermement opposés à un arrêt des traitements, soutenus par leurs avocats et plusieurs associations, dont le comité "Je soutiens Vincent". De l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et soeurs qui dénonçaient un "acharnement thérapeutique".

Ce matin, le neveu de Vincent Lambert a fait part de son "soulagement après des années de souffrance pour tout le monde". Cet arrêt des soins a été rendu possible par la cour de cassation, le 28 juin dernier. Conformément à la décision de justice, l'hydratation et de l'alimentation par sonde de Vincent Lambert ont donc été stoppées, et il a été plongé dans une sédation profonde et continue.

"Crime d'Etat"

Ce procédé médical fait bondir les fervents opposants à la loi Leonetti-Claeys qui reprochent à l’Etat d’être à l’origine de la mort d’un handicapé. En première ligne, les avocats des parents de Vincent Lambert qui dénoncent un "crime d’Etat". L'administration est également mise en cause par la Manif pour tous, mouvement conservateur connu pour ses positions pro-vie, qui accuse directement Emmanuel Macron d’avoir causé la mort du quadragénaire. 

Christine Boutin, présidente d’honneur du Parti démocrate-chrétien, surenchérit en fustigeant la "barbarie d’Etat qui ne laisse plus aucune chance à la vie". Pour Nicolas Bay, député européen membre du Rassemblement national, la société a "décidé sciemment de faire mourir un homme, parce qu’handicapé".

80.000 patients accompagné en fin de vie chaque année

Plus acerbe encore, la mouvement catholique rigoriste Civitas, affirme que la mort de Vincent Lambert est "la conséquence directe du totalitarisme démocratique (…) qui décide qui peut vivre (par exemple le violeur, l'assassin, le terroriste) et qui doit mourir (par exemple un handicapé comme Vincent)".

Sur les plans politique et social, les débats autour de la fin de vie restent vifs et peinent à faire ressortir un consensus. Cela étant, depuis sa mise en application, la loi Leonetti-Claeys, jugée "solide sur le plan éthique" par Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d'éthique, accompagne chaque année plus de 80.000 patients en fin de vie.

Ambre Lepoivre