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Le torchon brûle entre Servier et Bertrand sur le Mediator

Le laboratoire Servier a refusé d'assumer seul l'indemnisation des victimes du Mediator, coupe-faim qui aurait fait entre 500 et 2.000 morts en France, comme l'exige le ministre de la Santé Xavier Bertrand. Ce dernier a jugé "inacceptable" la dernière pro

Le laboratoire Servier a refusé d'assumer seul l'indemnisation des victimes du Mediator, coupe-faim qui aurait fait entre 500 et 2.000 morts en France, comme l'exige le ministre de la Santé Xavier Bertrand. Ce dernier a jugé "inacceptable" la dernière pro - -

PARIS (Reuters) - Le laboratoire Servier a refusé dimanche d'assumer seul l'indemnisation des victimes du Mediator, un médicament qui aurait fait...

PARIS (Reuters) - Le laboratoire Servier a refusé dimanche d'assumer seul l'indemnisation des victimes du Mediator, un médicament qui aurait fait entre 500 et 2.000 morts en France.

Le deuxième laboratoire français a vivement réagi aux dernières déclarations du ministre du Travail et de la Santé selon lequel sa dernière proposition d'indemnisation est "inacceptable".

La passe d'armes Servier-Bertrand survient à la veille d'une réunion du comité de suivi de l'affaire du Mediator, au cours de laquelle le ministre doit présenter un nouveau dispositif pour indemniser les victimes.

Dans une interview au Journal du dimanche, Xavier Bertrand déplore que le groupe pharmaceutique n'ait toujours pas prévu d'indemnisation intégrale.

Il donne une semaine au laboratoire pour revoir à la hausse son offre, faute de quoi, menace-t-il, "il sera temps d'envisager d'autres scénarios".

Une porte-parole de Servier lui a répondu par la négative dimanche.

"De toute évidence dans cette affaire la responsabilité est partagée entre l'Etat et le groupe pharmaceutique, donc il n'y a pas de raison que Servier soit le seul à assumer tous les préjudices financiers", a-t-elle déclaré sur plusieurs médias, se disant "surprise" des propos de Xavier Bertrand.

"CLAUSE INDIGNE"

Selon le rapport remis à la mi-janvier par l'Inspection des Affaires sociales (Igas), Servier a commercialisé pendant plus de trente ans le Mediator en France comme un antidiabétique alors qu'il s'agissait d'un puissant coupe-faim dont il connaissait la dangerosité.

On estime que cinq millions de Français ont pris du Mediator entre 1976 et 2009, date de son retrait du marché. Selon deux études, il a fait entre 500 et 2.000 morts.

Servier a confirmé début mars la création d'un fonds d'indemnisation doté dans un premier temps de 20 millions d'euros et ouvert à tous les patients ayant pris du Mediator, quelle que soit la prescription.

Mais pour toucher ces dommages et intérêts, les victimes devaient renoncer à toutes poursuites judiciaires contre le laboratoire. Cette proposition a suscité un tollé tant du côté des victimes que de l'Assurance maladie.

Selon Xavier Bertrand, Servier a renoncé à cette "clause indigne" mais le projet d'indemnisation "reste inacceptable en l'état", dit-il dans le JDD.

"Les laboratoires Servier ne prévoient toujours pas de réparation intégrale du préjudice. Or ce n'est qu'à cette condition qu'ils pourraient demander aux victimes de renoncer à des poursuites devant les tribunaux civils comme ils en ont l'intention", ajoute-t-il.

Le ministre demande au laboratoire de "présenter une offre définitive d'ici la fin de la semaine pour éviter une situation de blocage incompréhensible".

Accentuant la pression sur le groupe pharmaceutique, une association de victimes a déposé 500 plaintes supplémentaires, pour "blessures et homicides involontaires" et pour "tromperie aggravée", venant s'ajouter à la centaine déjà déposées.

Laure Bretton