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Le PS se résout à enquêter sur les Bouches-du-Rhône

Jean-Noel Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Le Parti socialiste s'est résolu à envoyer une commission d'enquête dans sa fédération des Bouches-du-Rhône, où les accusations de "clientélisme féodal" provoquent un âpre débat entre l

Jean-Noel Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Le Parti socialiste s'est résolu à envoyer une commission d'enquête dans sa fédération des Bouches-du-Rhône, où les accusations de "clientélisme féodal" provoquent un âpre débat entre l - -

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste s'est résolu à envoyer une commission d'enquête dans sa fédération des Bouches-du-Rhône, où les accusations...

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste s'est résolu à envoyer une commission d'enquête dans sa fédération des Bouches-du-Rhône, où les accusations de "clientélisme féodal" provoquent un âpre débat entre les ténors de la formation.

Le secrétaire national chargé de la rénovation, Arnaud Montebourg, qui a mis le feu aux poudres avec un rapport interne publié par Le Point la semaine dernière, a maintenu ses accusations dans une lettre adressée au Premier secrétaire du PS Martine Aubry qu'il publie sur son blog.

Il y dit détenir des "éléments de preuves précis et concordants" de ce qu'il avance et accuse Martine Aubry et son entourage de faire régner "la loi du silence" au PS.

La commission d'enquête "vient bien tard mais je lui destinerai mes informations si elle est composée de personnalités indépendantes", écrit-il.

La création d'une commission d'enquête était réclamée par le chef du PS local, Jean-Noël Guérini, gravement mis en cause par le rapport Montebourg.

La commission, qui sera formée dans les jours qui viennent, devra rendre ses conclusions avant l'été, a précisé lundi le porte-parole du PS, Benoît Hamon, lors d'un point de presse.

En tout état de cause, le PS doit agir vite pour ne pas risquer de voir ses primaires présidentielles, prévues en octobre, entachées des mêmes soupçons de fraude qui avaient terni le congrès de Reims où, fin 2008, Martine Aubry avait emporté la direction du parti d'un cheveu sur Ségolène Royal.

Toute commission d'enquête doit faire l'objet d'un vote du Bureau national, l'exécutif du parti. Elles sont composées au prorata des courants internes du PS.

"Puisqu'il y a un doute, pour qu'il n'y en ait plus cette commission sera réunie et investiguera" dans la fédération des Bouches-du-Rhône, l'une des plus importantes de France, derrière le Pas-de-Calais et Paris, a dit Benoît Hamon lors d'un point de presse.

"LÂCHE"

"Notre main ne tremblera pas mais (nous agirons) à partir de faits et seulement de faits (...) On ne peut pas fonder des mesures de suspension à partir de témoignages et de on-dit", a ajouté le porte-parole.

Dans son rapport, Arnaud Montebourg réclame la destitution de Jean-Noël Guérini et la mise sous tutelle de la fédération.

Il dénonce un "système de domination sans limite" et de "clientélisme féodal" entourant le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, dont le frère, Alexandre, est incarcéré depuis décembre dans le cadre d'une enquête sur les marchés publics du département.

Dans sa lettre à Martine Aubry, le secrétaire national du PS dit tenir à sa disposition "des éléments de preuves précis et concordants" et réaffirme qu'il lui a fait porter son rapport début décembre alors que le premier secrétaire assure ne l'avoir reçu que ces derniers jours.

"Tes collaborateurs zélés ont depuis le mois de décembre commis l'erreur dans cette grave affaire de nous emmener sur le terrain de la loi du silence", écrit Arnaud Montebourg.

Pour nombre de dirigeants socialistes, le secrétaire à la rénovation a fait son "chevalier blanc" au détriment du jeu collectif.

"Il a un parti idéal dans la tête et voudrait faire table rase de tout le reste mais nous avons des statuts qu'il faut respecter", explique Pascale Boistard, secrétaire nationale aux adhésions.

Mais les proches de deux présidentiables, François Hollande et Ségolène Royal, ont réclamé à leur tour que la lumière soit faite sur les agissements de la fédération des Bouches-du-Rhône.

Alors qu'on l'accuse de tirer contre son camp en alimentant les divisions internes à quelques jours des élections cantonales, il se défend d'avoir fait fuiter son rapport et déplore une publication "malheureuse et inappropriée".

"Je n'ai pas voulu être lâche en fermant les yeux (...) et je ne souhaite pas que le parti dont je suis un des leaders soit fait de ce triste bois-là", souligne Arnaud Montebourg, qui appelle à un PS "nouveau et débarrassé de ses compromissions".

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse