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Le PS s'apprête à définir les modalités des primaires

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par Clément Guillou PARIS - Le Parti socialiste débat mardi, à deux ans de l'élection présidentielle, des modalités des primaires visant à désigner...

par Clément Guillou

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste débat mardi, à deux ans de l'élection présidentielle, des modalités des primaires visant à désigner son candidat.

Le PS souhaite faire de ces primaires un tremplin vers un scrutin qu'il n'a plus gagné depuis près d'un quart de siècle.

Leur calendrier, qui prévoit un vote en octobre 2011, pourrait compliquer une candidature éventuelle de Dominique Strauss-Kahn, actuel directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

Les primaires ne seront qu'un des sujets du bureau national ce mardi à 17h00, avec le calendrier des congrès, la réforme des instances dirigeantes, le non-cumul des mandats et la diversification et la féminisation du PS.

Le point de départ du débat, qui ne sera pas suivi d'un vote, est le rapport de la commission dirigée par le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg, disponible sur le site internet du PS à la suite de fuites dans la presse. (http://www.parti-socialiste.fr/static/4001/la-renovation-c039est-parti-20063.pdf)

Un texte définitif, préparé par une réunion à 11h00 entre le premier secrétaire Martine Aubry et les chefs des différents courants, sera soumis à l'approbation du conseil national mardi prochain. Les militants voteront le 24 juin et la convention nationale sur la rénovation aura lieu le 3 juillet.

Le rapport formule ses propositions pour des "Primaires populaires et ouvertes" à tous les partis de gauche souhaitant présenter un candidat commun au premier tour de l'élection présidentielle, ce qui inclut pour le moment le Parti radical de gauche et le Mouvement républicain et citoyen.

VOTE PRÉALABLE DÈS L'ÉTÉ 2011 ?

Pourront voter les Français inscrits sur les listes électorales et les étrangers et mineurs de 16 ans ou plus adhérents des partis co-organisateurs. Les votants devront s'acquitter d'un don d'un euro minimum et signer une déclaration d'adhésion aux valeurs de la gauche ou de soutien au vainqueur de la primaire.

La commission a refusé d'autoriser les candidatures soutenues par 10.000 militants et demande, pour les candidats issus du PS, un "léger parrainage" fixé à 5% des parlementaires, des membres du conseil national, ou des élus socialistes locaux (conseillers régionaux, conseillers généraux ou maires de villes de plus de 10.000 habitants).

Le rapport préconise l'installation de 10.000 à 15.000 bureaux de votes.

Mais le principal point de débat est celui du calendrier, car il pourrait décider de la candidature ou non de Dominique Strauss-Kahn.

La commission imagine deux hypothèses, dont aucune ne convient vraiment au directeur général du FMI.

Ou le nombre de candidats est inférieur à quatre, auquel cas la campagne peut être courte et commencer en septembre avec un vote en octobre. Ou le nombre élevé de candidats nécessite un vote préalable avant la mi-juillet, avec un minimum de 10% des suffrages pour pouvoir participer aux primaires.

Cette dernière formule a ses partisans mais aussi ses adversaires, reconnaît Arnaud Montebourg.

Les soutiens de Dominique Strauss-Kahn y voient un handicap pour leur champion qui devrait déposer sa candidature et rassembler ses parrainages avant juin 2011, en pleine présidence française du G20. Il devrait même se faire connaître fin 2010, estime Arnaud Montebourg dans un entretien accordé au Monde, pour que le bureau national puisse décider ou non d'organiser un vote préalable.

La campagne des primaires devra être menée sans attaque entre les candidats, qui devront s'engager à soutenir le vainqueur, dit la commission Montebourg.

"Les candidats exposent leurs projets pour la France, l'Europe et le monde, mais ils ne s'affrontent pas parce qu'ils savent qu'ils vont gouverner et travailler ultérieurement ensemble pour le bien du pays", peut-on lire.

Une Haute Autorité composée de cinq membres "dont les qualités morales sont incontestées" devra garantir l'esprit et le bon fonctionnement des primaires et le dépouillement se fera en direct et de façon publique, sur internet, de manière à ne pas revivre le traumatisme du congrès de Reims.

A l'automne 2008, Martine Aubry avait battu Ségolène Royal dans la conquête du PS à l'issue d'un scrutin contesté par la perdante. Dimanche, Ségolène Royal a dit s'être rapprochée de son ancienne rivale pour former un rassemblement avec elle et Dominique Strauss-Kahn en vue de ces primaires, quitte à "sacrifier (son) ambition personnelle".

Edité par Sophie Louet