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Le Pen juge "compliqué" de faire alliance avec Mélenchon sur le modèle italien

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon - PHILIPPE LOPEZ / AFP

Marine le Pen n'envisage pas d'alliance "populiste" avec Jean-Luc Mélencon sur le modèle italien, notamment en raison de leurs divergences sur l'immigration.

L'un et l'autre ont passé une bonne partie de la campagne présidentielle à souligner leurs différences. La présidente du Front national Marine Le Pen a jugé jeudi soir "compliqué" la possibilité de s'allier avec le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon à l'instar du contrat de gouvernement conclu en Italie entre la Ligue, alliée du FN, et les populistes du M5S.

Incompatibilité de fond

"Ça me paraît en l'occurrence plus compliqué. Pour une raison simple, c'est que nous sommes tout à fait divergents sur le sujet de l'immigration, que je considère comme un sujet parce que c'est un sujet qui touche à la survie de notre pays, à sa sécurité", a expliqué la présidente du Front national dans L'Émission politique sur France 2.

L'insoumise se place en effet dans une tradition d'accueil humaniste, souhaitant également résoudre les causes des phénomènes migratoires, quand Marine Le Pen s'alarme au contraire de la "submersion migratoire", qu'elle associe à des thèmes identitaires et sécuritaires.

L'alliance paraît d'autant plus improbable que les deux dirigeants n'ont cessé de s'affronter, électoralement (notamment en duel à Hénin-Beaumont lors des législatives de 2012) et par médias interposés.

"Il n'en demeure pas moins que c'est révélateur de ce que je défends depuis des années, à savoir la recomposition de la vie politique dans chacun des pays d'Europe", a cependant ajouté la finaliste de la présidentielle en 2017.

"Majorité d'eurosceptiques"

"Il y a dans toute une série de pays en Europe aujourd'hui des gens qui arrivent au pouvoir (...) qui portent les même exigences que nous" et "les mêmes critiques à l'égard de l'Union européenne", a-t-elle fait valoir.

"Demain, au Parlement européen, il peut y avoir une majorité d'eurosceptiques" pour "arrêter cette machine dingue qu'est l'Union européenne, qui court à la perte des peuples européens", selon la députée du Pas-de-Calais.

L.N. avec AFP