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Le parti des Républicains exclut Erik Tegnér, partisan de "l'union des droites"

Erik Tegnér, ex-membre du parti Les Républicains, lors de sa campagne pour la présidence des "Jeunes LR", le 5 septembre 2018

Erik Tegnér, ex-membre du parti Les Républicains, lors de sa campagne pour la présidence des "Jeunes LR", le 5 septembre 2018 - Philippe Lopez / AFP

Le partisan de l'"Union des droites" a été exclu à une majorité "écrasante", la fédération parisienne LR affirmant ne partager "aucune valeur" avec l'extrême droite.

Les Républicains ont décidé ce mercredi d'exclure Erik Tegnér, simple militant mais partisan affiché de l'"union des droites", a indiqué la présidente de la fédération parisienne Agnès Evren. L'exclusion a été votée "à une majorité écrasante", avec seulement "trois voix contre" et "aucune question n'a été posée sur le sujet" lors de la réunion convoquée dans la soirée par la fédération parisienne de LR au siège du parti, a précisé Agnès Evren.

"Si le ridicule tuait, le siège de LR serait jonché de cadavres", a immédiatement réagi Erik Tegnér, qui s'attendait toutefois à cette exclusion. "La décision a été prise il y a longtemps", affirmait-il dans la matinée, après avoir rencontré la veille Agnès Evren et le secrétaire général du parti Aurélien Pradié.

LR marque la frontière politique avec l'extrême droite

Proche de Marion Maréchal, très présent sur les réseaux sociaux, Erik Tegnér est l'un des trois organisateurs de la "convention de la droite" qui avait fait grand bruit en septembre avec l'intervention virulente d'Éric Zemmour contre l'islam.

"Erik Tegnér prône l'union des droites, qui est un vieux fantasme dépassé" mais "nous n'avons aucune valeur commune à partager avec l'extrême droite", a assuré à l'AFP Agnès Evren. Pour cette attitude "qui constitue un manquement grave aux valeurs qui fondent notre famille politique", une procédure avait été lancée contre lui fin novembre par le parti, tombé à des niveaux historiquement bas et qui veut mettre un terme à la fuite de ses adhérents. "Notre enjeu est de redevenir crédible aux yeux des Français" et "cela passe par la cohérence de notre message", a ajouté Agnès Evren.

Mais pour Erik Tegnér, qui déplore une "purge" et une "censure totale" pilotée par le nouveau secrétaire général du parti, "la frange conservatrice du parti n'a plus de poids" à l'heure où le parti "investit des candidats LR soutenus par LREM" pour les municipales. Ce faisant "ils sont en train de modifier leur ADN", selon lui. "La droite n'a pas à choisir entre être l'arrière-boutique de la macronie ou l'arrière-boutique de l'extrême droite", a-t-il martelé.

L'exclusion suscite des désaccords sur le principe

Erik Tegnér, qui pensait initialement faire appel, assure désormais qu'il ne le fera pas car "cela ne vaut plus la peine". L'exclusion décidée mercredi a cependant suscité des remous dans la salle à l'issue du vote, selon une source interne à la réunion.

Dès l'ouverture de la procédure certains dans les rangs LR avaient émis des doutes, le député souverainiste du Vaucluse Julien Aubert se disant "pas favorable à exclure sur des idées, sauf à prouver qu'Erik Tegnér a franchi la ligne rouge en rejoignant le RN" tandis que Guillaume Larrivé, député de l'Yonne, affirmait son "désaccord" avec les procédures d'exclusion envers ceux qui "dialoguent, à droite, hors des murs partisans".

La question de "l'union des droites" agite depuis des mois LR, au risque de brouiller son message. En juin, un dîner organisé par Mme Maréchal avec plusieurs élus LR après la débâcle des européennes avait semé la zizanie à droite.

J. G. avec AFP