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Le Parti communiste confronté à une vague de démissions

Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du Parti communiste. Le Parti communiste doit faire face à une vague de départs et à des rapports difficiles avec l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, qui voudrait obtenir son soutien pour être candidat à la présid

Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du Parti communiste. Le Parti communiste doit faire face à une vague de départs et à des rapports difficiles avec l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, qui voudrait obtenir son soutien pour être candidat à la présid - -

PARIS - Le Parti communiste doit faire face à une vague de départs et à des rapports difficiles avec l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, qui voudrait...

PARIS (Reuters) - Le Parti communiste doit faire face à une vague de départs et à des rapports difficiles avec l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, qui voudrait obtenir son soutien pour être candidat à la présidentielle de 2012.

A deux mois du "congrès d'étape" du PCF, Pierre Laurent, le numéro deux du parti, a appelé vendredi les 14 membres du Conseil national sur 233 ayant démissionné à revenir sur leur décision.

"Leur place est dans le débat sur le chantier des transformations du PCF", dit-il dans une lettre ouverte aux démissionnaires.

Les députés de Seine-Saint-Denis Patrick Braouezec et François Asensi, ainsi que l'ex-directeur de l'Humanité Pierre Zarka et Roger Martelli, un chef de file des réformateurs, ont quitté le PCF en dénonçant un "raidissement de la pratique démocratique" d'un parti qui aurait échoué à se transformer.

Une partie d'entre eux, rejoints par des militants de la Fédération pour une alternative sociale et écologique comme Clémentine Autain, ont récemment lancé un appel pour un "Front de gauche" élargi à toute la gauche de transformation sociale.

Dans le même temps, Pierre Laurent, qui est appelé à succéder à Marie-George Buffet en juin, est aux prises avec les ambitions présidentielles de Jean-Luc Mélenchon.

Le président du Parti de gauche, qui a obtenu 7% des voix aux régionales sous la bannière du "Front de gauche" grâce à son alliance avec le PCF dans 17 régions, a fait aux communistes une proposition de candidature commune à la présidentielle.

Or, la direction communiste lui a signifié qu'elle entendait d'abord régler la succession de Marie-George Buffet et qu'elle ne définirait sa stratégie élyséenne qu'en juin 2011.

Nombre de responsables communistes soupçonnent Jean-Luc Mélenchon de vouloir faire une OPA peu amicale sur le parti, avec pour objectif de se présenter à la présidentielle.

L'eurodéputé a été ainsi dépeint comme le "coucou qui vient faire son nid dans une organisation en plein doute et en mal de leader charismatique".

Jean-Luc Mélenchon a récemment brossé dans divers médias le portrait d'un candidat idéal commun avec le PCF, un homme "aguerri à la politique", qui lui ressemble fort.

"Jean-Luc Mélenchon a beaucoup de talent. Mais le Front de gauche n'est pas une autocratie dans laquelle un ou deux individus décident à la place des militants. Au PCF, nous avons un congrès en juin. Il faut se détendre, retrouver de la sérénité", lui a répondu Patrice Bessac dans Libération daté du 13 avril.

Le porte-parole du PCF a souligné que d'autres voix s'élevaient au sein du Front de gauche pour "une candidature marquante du mouvement social, tout aussi légitime".

Gérard Bon, édité par Sophie Louet