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Le gouvernement interpellé sur les jihadistes français rentrant de Syrie

Alain Marsaud, président du groupe de travail sur la Syrie à l'Assemblée nationale, a demandé à la garde des Sceaux de modifier la législation antiterroriste.

Alain Marsaud, président du groupe de travail sur la Syrie à l'Assemblée nationale, a demandé à la garde des Sceaux de modifier la législation antiterroriste. - -

Le député UMP Alain Marsaud a interpellé samedi le gouvernement sur "l'impossibilité" de poursuivre en justice les jihadistes français à leur retour de Syrie et a demandé à la garde des Sceaux de modifier la législation antiterroriste.

Le député UMP Alain Marsaud s'inquiète de l'activité des jihadistes français de retour de Syrie. Il a interpellé samedi le gouvernement sur "l'impossibilité" de les poursuivre en justice à leur retour de Syrie et a demandé à la garde des Sceaux de modifier la législation antiterroriste.

"Comme il apparaît difficile d'établir si ces personnes ont fait "le coup de feu" aux côtés d'Al Qaïda ou d'Al Nostra, organisation considérée comme terroriste, ou auprès de l'armée syrienne libre soutenue par la France, la justice française estime ne pas avoir à connaître ces faits", écrit dans un communiqué l'ancien chef du service central de la lutte antiterroriste au Parquet de Paris et président du groupe de travail sur la Syrie à l'Assemblée nationale.

Une centaine sur place

"Il vous appartient sans doute de modifier la législation antiterroriste afin que ces personnes, qui présentent à coup sûr un danger éminent pour l'ordre public à l'occasion de leur retour en France puissent faire l'objet d'enquêtes, d'investigations, et éventuellement de poursuites", ajoute-t-il à l'adresse de la ministre de la Justice Christiane Taubira.

Selon des spécialistes du renseignement, environ 200 Français auraient choisi depuis un an et demi d'aller combattre en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad. Ils seraient toujours une centaine sur place, a précisé récemment le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

Contrairement à l'Afghanistan, où les combattants ralliaient les rangs d'Al-Qaïda ou des Talibans, des groupes clairement classés comme terroristes, les jihadistes français en Syrie peuvent se battre aux côtés de groupuscules inconnus ou prétendre avoir aidé l'Armée syrienne libre (ASL), soutenue par l'Occident.

Cela complique les poursuites puisqu'il devient difficile de les associer à "un groupe terroriste".

Seule une douzaine de personnes, soupçonnées d'avoir participé au jihad en Syrie, font actuellement l'objet d'une enquête préliminaire ou d'une information judiciaire, indiquait fin juillet une source judiciaire.

M.R. avec AFP