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Latifa Ibn Ziaten, mère d'une victime de Merah:«Il a touché les enfants de la République»

Latifa Ibn Ziaten, la mère de l'une des victimes de Mohamed Merah, rend hommage à son fils dans un livre.

Latifa Ibn Ziaten, la mère de l'une des victimes de Mohamed Merah, rend hommage à son fils dans un livre. - -

Invitée sur RMC et BFMTV, Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohamed Merah, rend hommage à son fils dans un livre et appelle les mères à s'occuper de leurs enfants dans les quartiers : « Si j’avais la mère de Merah en face, je lui dirais que c’est de sa faute »

Imad Ibn Ziaten a été la première victime de Mohamed Merah, tué le 11 mars 2012 alors qu’il venait lui vendre sa moto. Invitée par Jean-Jacques Bourdin à 8h35 sur RMC et BFMTV, sa mère, Latifa Ibn Ziaten, rend hommage à son fils avec son livre Mort pour la France et appelle les parents des jeunes des quartiers à s'occuper de leurs enfants et leur donner une éducation.

Dans les quartiers, des jeunes lui ont dit que Mohamed Merah était un héros :
8h56 - Latifa Ibn Ziaten : « C’est plus que de la douleur, c’est comme si votre fils était mort une deuxième fois. Quand je leur ai dis qui j’étais, ils étaient désolés. Comment on peut être fier d’un assassin ? Est-ce que l’Islam dit qu’il faut tuer ? Alors pourquoi dire que c’est un martyr ! Et ils répétaient "on est désolés, on est désolés". On peut les récupérer ces jeunes, mais il faut les aider ».

8h53 - Latifa Ibn Ziaten : « Je suis très fière de mes enfants, j’ai fait mon travail malgré un policier qui m’a humiliée quand Imad est tombé. On était convoqué pour la mort de mon fils, et un policier m’a interrogé presque pendant une heure : "est-ce que votre fils est trafiquant, est-ce qu’il pourrait tuer son frère ?" Je sais l’éducation que j’ai donnée à mes enfants. Il m’a dit "vous connaissez mal votre fils". Quand il a fini, il m’a dit "c’est trop tard, la morgue est fermée". Je n’étais toujours pas sûre que c’était lui ou pas, j'ai du attendre le lendemain pour aller le voir ».

8h52 - Latifa Ibn Ziaten : « Il faut garder nos enfants, donner une éducation, les lever le matin, les accompagner, même au sport. Mon fils a 16 ans, il claque la porte et s’en va ? Non madame, ça ne s’excuse pas ».

Avec son association, Latifa Ibn Ziaten va dans les quartiers rencontrer des jeunes désoeuvrés :
8h50 - Latifa Ibn Ziaten : « Il y a des enfants qui souffrent dans les cités, enfermés, comme en prison. Quand je parle avec eux, je leur dis "sortez, cherchez du travail !" Ils me demandent "où ? Les portes se ferment !" Alors on tourne en rond, on fait des bêtises, on devient trafiquant, voleur. Rendez-vous utile ! Allez donner des cours aux enfants, faites des stages, des formations, donnez un coup de main ».

8h46 - Latifa Ibn Ziaten : « Il faut un procès, il faut que justice soit faite. J’ai totalement confiance en la justice. C’est utile pour la vérité, on ne peut pas fermer les yeux. Il y avait quelqu’un avec Merah [sur RMC, Simon Cohen, l'avocat de deux familles de victime, parle même d'un troisième homme ce jeudi matin] et ce quelqu’un… Je laisse la justice faire son travail ».

8h46 - Latifa Ibn Ziaten : « Imad a décidé seul d’aller à l’armée, il aimait servir son pays, il était à fond, il était un soldat remarquable. Et j’étais fière de lui ».

8h45 - Latifa Ibn Ziaten : « Cet homme a touché les trois religions, des chrétiens, des musulmans, des juifs, il a touché les enfants de la République, les soldats de la République, la France entière, il n’a aucun respect de la laïcité ».

Un des frères et la sœur de Mohamed Merah le soutiennent :
8h43 - Latifa Ibn Ziaten : « Je ne comprends pas. L’Islam, c’est l’amour, la paix, le partage. Je suis croyante, mais ça n’a rien à voir avec leur croyance à eux. Quand on est musulman, on ne peut pas faire autant de mal. Et quand le frère de Merah dit qu’il est fier que son frère ait tué quelqu’un avec un bébé dans une poussette, ce n’est pas de la fierté, c’est de la lâcheté ».

Dans le documentaire diffusé sur France 3, la mère de Mohamed Merah dit pleurer « pour lui et pour les victimes » :
8h41 - Latifa Ibn Ziaten : « Si je l’avais en face de moi, je lui dirais qu’elle n’a pas fait son rôle de mère. Une mère doit sentir son enfant changer, on doit le connaître, elle n’a pas fait son travail. Je lui en veux. Elle l’aurait élevé, elle lui aurait donné une éducation, son amour, on comprendrait. Mais il a vécu dans les rues, les foyers, les prisons. C’est sa faute. Ce n'est pas possible qu'une mère ne voit pas le changement de son fils, qui voyage partout, va au Pakistan, en Afghanistan. On ne ferme pas les yeux ».

Latifa Ibn Ziaten a créé l’Association Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix :
8h39 - Latifa Ibn Ziaten : « Je voulais comprendre comment ce jeune a grandi, comment il a été élevé, et j’ai rencontré ces jeunes pour qui il était un martyr. Je me suis dit "il faut faire quelque chose". C’est à 100% la faute des parents, qui ne font pas leur devoir, donner une éducation aux enfants ».

Jean-Jacques Bourdin cite un extrait du livre qui décrit le moment du meurtre d’Imad Ibn Ziaten, qui a refusé de se coucher devant son agresseur :
8h37 - Latifa Ibn Ziaten : « C’est pour ça que je suis debout aujourd’hui, parce que mon fils est mort debout. Il est militaire, courageux, c’est pour ça que je défends le titre Mort pour la France. Je n’ai pas le droit de baisser les bras ».

Mathias Chaillot avec BFMTV