BFMTV

Lang : « Le gouvernement a totalement échoué »

-

- - -

Alors que le gouvernement durcit le ton face au blocage des universités, Jack Lang, ancien ministre socialiste de l'Education Nationale appelle au dialogue.

Après 14 semaines de mobilisation, le gouvernement durcit le ton contre les enseignants-chercheurs, opposés à la réforme des universités. Et il s'en prend à leur portefeuille. Tous ceux qui refusent d'organiser les examens, ne notent pas les étudiants, ou bloquent les cours de rattrapage, auront des retenues sur salaire.
Pour le député PS et ancien ministre de l'Education Nationale Jack Lang, « si un gouvernement en vient là, c'est qu'il a totalement échoué. Le gouvernement eut mieux fait de commettre moins de bêtises, ajoute-t-il. Il n'en rate pas une depuis 1 an et demi sur ce sujet. Non pas que toutes les décisions prises pour les universités soient mauvaises ; je suis favorable à plus d'autonomie, à une plus grande mobilité dans l'organisation des temps de service des professeurs... Mais en même temps, tout ça a été fait avec une maladresse, un manque de sens pédagogique, dans un climat de défiance, d'insécurisation de l'ensemble de la communauté universitaire, sans concertation. »

« Un nouveau ministre pour éteindre le feu »

Conscient qu'une solution rapide doit être trouvée à cette crise des universités, Jack Lang propose des solutions : « Nous avons été confrontés nous-mêmes à des difficultés, moins graves que celles-ci qui sont sans précédent. Et à deux reprises j'ai été d'ailleurs appelé, une fois par Mitterrand, une autre fois par Jospin, à devenir ministre de l'Education Nationale pour éteindre le feu. C'est une solution ; ça consiste à dire à l'équipe ministérielle : c'est injuste sans doute, mais on fait appel à un nouveau ministre. »
A la question de savoir s'il veut le départ de Valérie Pécresse, Jack Lang répond : « Non, pas elle, mais Darcos [ndlr, Xavier Darcos, actuel ministre de l'Education Nationale]. Pécresse, finalement ce serait injuste parce qu'elle a quand même quelques qualités, qu'elle a prouvées chemin faisant. L'autre solution c'est que le gouvernement dise, sur un certain nombre de sujets : on remet les compteurs à zéro, on prend son temps pour dialoguer, discuter - ce qu'il a d'ailleurs très bien fait pour les lycées. »

« Pas d'examens au rabais »

Face à l'idée de traduire en justice les étudiants qui bloquent les accès aux facs, Jack Lang s'indigne : « Si on en est là c'est qu'il y a alors un divorce, une rupture encore plus grande entre la jeunesse et le pouvoir, entre la communauté universitaire et les dirigeants. Je souhaite que l'on trouve une solution par le dialogue. Nous avons tous une responsabilité collective et civique vis-à-vis des étudiants. Oui, il faudra qu'ils passent leurs examens cette année, pas des examens au rabais, des vrais. Il ne faut pas qu'ils soient victimes de la situation actuelle provoquée par les maladresses, les erreurs et les fautes du gouvernement. »

La rédaction-Bourdin & Co