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La pression monte à l'UMP pour un départ de Michèle Alliot-Marie

La pression monte au sein de l'UMP pour que Nicolas Sarkozy se sépare de Michèle Alliot-Marie à l'occasion du remaniement gouvernemental qui devrait suivre les élections cantonales de la fin du mois de mars. /Photo prise le 16 février 2011/REUTERS/Charles

La pression monte au sein de l'UMP pour que Nicolas Sarkozy se sépare de Michèle Alliot-Marie à l'occasion du remaniement gouvernemental qui devrait suivre les élections cantonales de la fin du mois de mars. /Photo prise le 16 février 2011/REUTERS/Charles - -

par Emile Picy PARIS (Reuters) - La pression monte au sein de l'UMP pour que Nicolas Sarkozy se sépare de Michèle Alliot-Marie à l'occasion du...

par Emile Picy

PARIS (Reuters) - La pression monte au sein de l'UMP pour que Nicolas Sarkozy se sépare de Michèle Alliot-Marie à l'occasion du remaniement gouvernemental qui devrait suivre les élections cantonales de la fin du mois de mars.

La ministre des Affaires étrangères a été vivement critiquée par l'opposition pour avoir utilisé par deux fois pendant ses vacances tunisiennes de fin d'année le jet privé d'Aziz Miled, un homme d'affaires tunisien liée au président Zine ben Ali, quelques jours avant la fuite de ce dernier en Arabie saoudite.

Les attaques ont redoublé lorsque la ministre a reconnu la semaine dernière que ses parents, qui étaient du voyage en Tunisie, en avaient profité pour acheter les parts d'une société immobilière appartenant au même Aziz Miled.

Le gouvernement et Nicolas Sarkozy, ainsi que l'UMP, ont jusqu'à présent soutenu Michèle Alliot-Marie mais de nombreux députés de la majorité étiquetés "sarkozystes" estiment que l'heure de son départ a désormais sonné.

"Il faut qu'elle dégage", a déclaré mardi l'un d'eux à Reuters en réclamant le respect de son anonymat.

Un autre député UMP a estimé que la ministre, qui a cédé mardi la place à la responsable de l'Economie Christine Lagarde pour le premier déplacement d'un ministre français en Tunisie depuis la chute de Zine ben Ali, n'était "plus crédible".

Les déclarations de Michèle Alliot-Marie offrant l'aide de la France au maintien de l'ordre en Tunisie en pleine répression des manifestations par le régime Ben Ali rendent la position du chef de la diplomatie française extrêmement délicate dans ce pays où la France a d'importants intérêts.

Pour un autre député UMP, la conclusion est claire.

"Sarkozy doit profiter de l'occasion offerte par le remaniement prévu en mars pour la virer", a-t-il expliqué.

RAFFARIN POUR UNE IMPULSION

Des rumeurs sur son départ et son remplacement par le ministre de la Défense Alain Juppé ou l'ancien ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo avaient déjà circulé il y a deux semaines mais les révélations sur le voyage en Egypte de François Fillon avaient rendu tout départ impossible.

Le remaniement gouvernemental prévu selon une source gouvernementale après les cantonales des 27 et 27 mars pourrait donc être plus large que l'arrivée de trois secrétaires d'Etat afin de seconder les ministres de la Défense et de l'Intérieur.

Depuis la formation du nouveau gouvernement de François Fillon le 14 novembre dernier, le ministre de la Défense Alain Juppé s'occupe également des Anciens combattants. Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux traite aussi de l'immigration.

Plusieurs noms circulent avec insistance, comme ceux des députés UMP Valérie Rosso-Debord, François Vannson, Marc Laffineur ou du Nouveau centre Jean-Christophe Lagarde.

Le Premier ministre, François Fillon, n'avait pas écarté, en décembre, des "ajustements" au gouvernement afin de répondre "à des manques" au sein de l'équipe gouvernementale et de calmer le mécontentement des centristes de l'UMP, grands perdants du remaniement du 14 novembre.

Pour l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy doit donner une nouvelle impulsion à son quinquennat alors que les partis politiques échafaudent déjà leur projets pour la présidentielle et les législatives de 2012.

Jean-Pierre Raffarin a plaidé mardi sur Europe 1 en faveur d'une "initiative politique" du gouvernement fin mars.

"Je pense qu'il faudra une relance politique après les élections cantonales", a-t-il déclaré, avant de rappeler avoir été "toujours été favorable à un acte II du quinquennat".

"Ça peut être des remaniements, ça peut être des textes à l'Assemblée nationale, ça peut être des grands débats, ça peut être un Congrès", a expliqué le sénateur UMP de la Vienne.

Edité par Yves Clarisse