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La France veut des "couloirs humanitaires" en Syrie

Réfugiés syriens dans le camp de Boynuyogun, en Turquie, près de la frontière avec la Syrie, en février dernier. Alors que la France organise une réunion des pays du groupe des "Amis de la Syrie", Nicolas Sarkozy a réclamé jeudi matin la création de "coul

Réfugiés syriens dans le camp de Boynuyogun, en Turquie, près de la frontière avec la Syrie, en février dernier. Alors que la France organise une réunion des pays du groupe des "Amis de la Syrie", Nicolas Sarkozy a réclamé jeudi matin la création de "coul - -

par John Irish et Daniel Flynn PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réclamé jeudi matin la création de "couloirs humanitaires" en Syrie pour...

par John Irish et Daniel Flynn

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réclamé jeudi matin la création de "couloirs humanitaires" en Syrie pour protéger les opposants au régime de Bachar al Assad et, tandis que la France organise une réunion des pays du groupe des "Amis de la Syrie", a appelé les grandes puissances à faire preuve d'unité.

Le président français s'est déclaré convaincu que la Chine et la Russie se rallieraient à la communauté internationale pour obtenir du gouvernement de Bachar al Assad la fin des violences.

S'exprimant avant la réunion de 14 ministres des Affaires étrangères des pays du groupe des "Amis de la Syrie", il a insisté à nouveau sur la nécessité de créer des couloirs humanitaires pour venir en aide aux victimes du régime de Damas.

"Bachar al Assad ment de façon éhontée, il veut rayer de la carte Homs comme (le dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi voulait rayer de la carte Benghazi", a-t-il dit sur Europe 1.

"Nous voulons conforter les pays arabes (...) qui veulent agir. La solution, c'est l'établissement de couloirs humanitaires pour qu'une opposition puisse exister en Syrie", a-t-il ajouté, en se disant "convaincu" que le régime syrien est condamné.

Une semaine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu négocié par Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, la trêve reste fragile en Syrie, où des accrochages et des bombardements sont signalés chaque jour dans des zones tenus par la rébellion.

Le gouvernement syrien assure lui que des "groupes terroristes" continuent de s'en prendre aux forces de sécurité.

Les ministres des Affaires étrangères des "Amis de la Syrie", qui comprend notamment les Etats-Unis, la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite, devraient examiner l'évolution de la situation et évaluer l'impact du plan Annan.

"NOUS NE POUVONS PAS ATTENDRE INDÉFINIMENT"

Dans un rapport d'étape présenté au Conseil de sécurité, qui a validé ce week-end l'envoi d'une mission d'observateurs, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a souligné mercredi que le régime syrien ne s'était pas mis totalement en conformité avec les dispositions prévues par le plan de paix.

"Cela n'équivaut pas encore au signal clair attendu de la part des autorités syriennes", a-t-il dit, évoquant notamment le non retrait des forces syriennes des zones urbaines.

Selon un diplomate arabe en poste à Paris, ce qu'Assad doit comprendre, c'est que la communauté internationale continue d'exercer des pressions sur son gouvernement et que la menace d'actions supplémentaires s'il ne se conforme pas totalement au plan de paix reste entière.

"Ce que nous voulons, c'est l'arrêt des effusions de sang et des violences, préférablement par le biais d'une solution pacifique, mais nous ne pouvons pas attendre indéfiniment", a-t-il dit.

L'option des "couloirs humanitaires" permettrait l'acheminement sécurisé d'aides depuis la Turquie (au nord), le Liban (à l'ouest) et la Jordanie (à l'est).

Mais leur mise en place, de même qu'une possible zone tampon évoquée par la Turquie notamment, qui a accueilli jusqu'à 23.000 réfugiés syriens sur son territoire, dépend d'un feu vert des Nations unies.

"Ces options sont étudiées dans une éventualité défavorable. Aucune décision n'a été prise et dans un monde idéal, elles nécessiteraient le soutien du Conseil de sécurité de l'Onu", souligne un diplomate devant participer à la réunion de Paris.

Évoquant l'attitude de la Russie et de la Chine, qui ont certes voté la résolution 2042 sur l'envoi d'observateurs en Syrie mais s'opposent à toute intervention militaire, Nicolas Sarkozy a estimé que "les Chinois comme les Russes n'aiment pas être isolés et, lorsqu'on réunit les grands pays pour dire 'voilà dans quelle direction il faut aller' avec nos alliés arabes, l'isolement de la Chine et de la Russie sur le dossier syrien ne durera pas."

Avec Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Henri-Pierre André