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La création d'une police municipale fait des remous à Paris

L'exécutif parisien est critiqué au sein de sa majorité sur la création d'une police municipale dans la capitale, tandis que la droite on fustige l'absence d'armement des futurs agents.

La création d'une police municipale à Paris est loin de faire l'unanimité. Ce projet, voulu par Anne Hidalgo est en débat ce lundi au Conseil de Paris. Mais au sein même de la majorité, le projet est contesté.

Le groupe écologiste a ainsi décidé de présenter un voeu contre la création d'une police municipale à Paris, qualifiée d'"erreur".

Mise en garde de la gauche

"Nous voyons dans cette décision, un recul idéologique et une démarche de court terme, à laquelle nous ne pouvons ni ne voulons souscrire", écrivaient mi-janvier les élus écologistes dans un communiqué cosigné avec le PCF et les élus du groupe Générations. 

"La question qui est posée par les Parisiens c'est quoi? C'est de régler des problèmes qui sont de l'ordre de la police nationale, comme le trafic de drogue, comme la prostitution, comme les cambriolages et ça ce n'est pas la police municipale qui y répondra", argue sur BFM Paris Nicolas Bonnet-Ouladj, chef de file des élus PCF au Conseil de Paris. 

Ces élus de gauche regrettent également que la création de cette police municipale se soit faite "sans concertation" et mettent en garde Anne Hidalgo.

"Nous attendons de la Maire de Paris et de son exécutif d'autres méthodes de travail pour que la dernière année de mandat se déroule dans la sérénité afin d'en faire une année utile pour les Parisien.ne.s", écrivent-ils. 
"Il faut en rester, à l'échelle municipale, à la brigade des luttes contre les incivilités. Il ne faut pas mettre en place une police municipale", a par ailleurs assuré Danielle Simonet, de la France insoumise, au micro de BFM Paris, en marge du Conseil de Paris. Et de déplorer: "On voit très bien que ce projet est un alignement d'Anne Hidalgo sur la position des Macronistes. Cela arrivera très rapidement à la question de la police municipale armée". 

La droite dénonce "une imposture"

A droite où la création d'une police municipale était pourtant défendue, le projet d'Anne Hidalgo est loin de remporter les suffrages. Après un audit, l'exécutif parisien a opté pour une police municipale non armée avec des missions identiques à celles des actuels 3.200 agents de la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection: tranquillité publique, sécurité routière et propreté de l'espace public. La présidente du groupe Les Républicains et Indépendants, Florence Berthout, dénonce une "imposture".

"Est-ce que cette police va pouvoir faire des contrôles d'identité? Non. Est-ce que cette police qui n'a de police que le nom pourra avoir accès au fichier des hooligans, des supporters violents? Non. Est-ce qu'elle pourra s'attaquer à la petite délinquance? Non. Le seul changement, c'est qu'elle aura un uniforme", déplore la maire du 5e arrondissement. 

La chef de file du groupe LRI regrette également l'absence d'armement de cette future police municipale. "Quand vous faites de la lutte pour la propreté, pour la tranquillité publique et la circulation, avoir une arme ou pas ne sert à rien", juge sur BFM Paris le premier adjoint, Emmanuel Grégoire.

"Entre ceux qui disent qu'on va trop loin et ceux qui disent qu'on ne va pas assez loin, c'est sans doute que nous avons trouvé un bon point d'équilibre", tranche l'adjoint d'Anne Hidalgo. 
Carole Blanchard