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La Cour des comptes veut "sous-indexer" plusieurs prestations sociales

Le président de la Cour Didier Migaud s'inquiète du poids croissant de la dette.

Le président de la Cour Didier Migaud s'inquiète du poids croissant de la dette. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le président de la Cour Didier Migaud s'est inquiété dans un rapport publié mardi du poids croissant de la dette. Il doute que le gouvernement puisse réduire le déficit à 3,6% cette année.

Trop d'argent mal utilisé: la Cour des Comptes a publié son rapport annuel mardi. Elle appelle notamment à faire des économies sur les dépenses sociales. Le président de la Cour Didier Migaud s'inquiète du poids croissant de la dette. Il doute que le gouvernement puisse réduire le déficit à 3,6% cette année.

Et surtout, il estime que les méthodes employées pour faire des économies ne sont pas les bonnes. Pour lui, la sécurité sociale et les collectivités locales doivent faire des efforts supplémentaires.

La Cour des Comptes propose de "sous-indexer" certaines prestations sociales. La mesure peut rapporter gros à l'Etat. Derrière ce terme un peu compliqué, se cache une mesure extrêmement simple à mettre en œuvre. L'Etat continue d'augmenter les prestations sociales (les allocations chômages, les allocations logement), mais il les augmente moins que le niveau de l'inflation.

Grace à cette opération, l'Etat peut économiser plusieurs milliards d'euros chaque année. La Cour des comptes a fait le calcul : si vous "sous-indexez " d'un point les prestations sociales, vous gagnez un milliard et demi par an.

La mesure est rentable et présente un second avantage: elle est discrète, presque indolore pour les Français. Ils perçoivent une augmentation des leurs prestations sociales, sans se rendre compte la plupart du temps que cette hausse aurait pu être plus importante si elle avait continué d'être calculé en fonction de l'inflation.

"De mauvaises préconisations"

La préconisation n'a pas manqué de faire réagir au Palais Bourbon, faisant grincer des dents la majorité, tandis que l'opposition applaudissait des deux mains.

"On ne fera pas d’économies sur le budget de l’Etat sans revoir la répartition et le fonctionnement des aides sociales, Thierry Mariani, député UMP des Français de l'étranger. Ce que je déplore, c’est que les gouvernements ont pour principales préoccupations de créer de nouvelles prestations sociales sans jamais en supprimer. Les prestations, c’est donner contre une compensation. Il faut revoir cela".

"Je crois qu’on a laissé croitre au-delà du raisonnable un certain nombre de prestations, rénchérit Philippe Gosselin, député UMP de la Manche. Il ne faut pas sabrer à l’aveugle, il faut être raisonnable regarder ca très sereinement."

Malek Boutih, député PS de l'Essonne, fustige lui une mesure à court terme.

"La situation des Français les plus pauvres fait que si on leur enlève un minimum des prestations, ils vont couler, regrette-t-il. Et cela coutera plus cher à la France à long terme. Ce sont de mauvaises préconisations. Il ne faut pas regarder uniquement les chiffres mais aussi la situation de la société."

La Rédaction avec Stéphanie Collié