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La circulation alternée, c’est l’écologie par l’absurde

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25.

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le gouvernement impose la circulation alternée dans la région parisienne pour faire baisser le niveau de pollution dans l’air. Sur cette mesure controversée, votre parti pris : la circulation alternée, c’est l’écologie par l’absurde. Pourquoi dites-vous cela ?

Le pic de pollution aurait été l’occasion idéale de montrer la nécessité d’une politique écologique. Mais la décision qui a été prise envoie un contre-signal manifeste. La décision arrive tard, elle est insuffisante. Elle n’est pas absurde en soi mais elle donne l’exemple d’une écologie bureaucratique (pourquoi pas dans toutes les grandes agglomérations ?

Pourquoi pas les étrangers ? Pourquoi pas de restriction sur le chauffage ?). C’est même l’illustration d’une écologie répressive avec ces policiers mobilisés pour vérifier les immatriculations et verbaliser les contrevenants. Voilà une mesure qui n’aidera pas à la circulation… des idées écologiques.

Les écologistes citent l'exemple de la sécurité routière. Si on a réussi à faire baisser le nombre de morts sur les routes, pourquoi pas la pollution?

La comparaison est juste parce qu’il s’agit d’un choix politique. Oui, un gouvernement peut fixer des interdictions – quitte à être impopulaire. Si on attend le consensus, on ne fait jamais rien. Bertrand Delanoë l’a expérimenté à Paris avec les couloirs de bus. Mais il ne suffit pas non plus de créer un tollé pour aller dans le bon sens.

Le problème de cette décision, c’est qu’elle ne s’inscrit justement pas dans une politique de long terme. Soit elle est ponctuelle et peu efficace – et pourquoi la mettre en œuvre ? Soit elle est utile et il faut l’instaurer durablement. Après une semaine irrespirable (et je ne parle pas des affaires de l’UMP…), l’urgence était plus politique qu’écologique…

Vous voulez dire que le gouvernement a fait une concession aux Verts parce qu'on est à la veille des élections municipales?

C’est évident. Il fallait empêcher qu’un désaccord sur ce sujet entre le PS et son principal allié ne vienne polluer l’atmosphère électorale, dans un contexte déjà difficile pour la majorité. Mais comme souvent, les Verts avaient surtout besoin d’une mesure symbolique, d’affichage, pour montrer à leurs électeurs que l’accord avec le PS n’est pas un marché de dupes.

D’un autre côté, ils ont avalé la suspension de l’écotaxe, la TVA sur les transports publics a bien augmenté et ils n’ont obtenu qu’une micro taxe carbone qui exclut le diesel. C’est peut-être écologique, mais ce n’est pas très logique.

Vous iriez jusqu'à dire qu'il n'y a pas de véritable politique environnementale en France?

Il y a des embryons de politique mais pas de vision d’ensemble. Les Verts ont un discours souvent partial et des résultats très partiels. JL Borloo dit souvent qu’il a obtenu plus d’avancées avec le Grenelle de l’environnement que des années de militantisme vert – c’est assez vrai.

Ça tient à la logique groupusculaire de ce parti, qui a toujours tendance à se placer en opposition au pouvoir (même quand il est dans la majorité) et au cynisme de ses dirigeants, qui se vendent au PS pour quelques ministères. Résultat : les idées écologiques avancent plus vite que le parti écologiste – tant mieux. Mais plus les Verts font de la politique, moins il y a de politique verte

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Hervé Gattegno