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L'UMP dénonce "le jeu de chaises musicales" du gouvernement (Geoffroy Didier)

Geoffroy Didier, de la Droite forte (UMP), accuse le gouvernement de "se combattre lui-même"

Geoffroy Didier, de la Droite forte (UMP), accuse le gouvernement de "se combattre lui-même" - Lionel Bonaventure - AFP

Quelques heures après l'annonce de la démission du gouvernement, ce lundi, les ténors de l'UMP dénoncent le remaniement. Certains d'entre eux appellent même François Hollande à dissoudre l'Assemblée nationale.

La démission du gouvernement Valls a surpris. Mais la décision a-t-elle satisfait les politiques?

Du côté de l'opposition, l'UMP dénonce un "jeu de chaises musicales" (Geoffroy Didier), ou un état de "Woodstock en permanence" (Patrick Karoutchi).

Geoffroy Didier, le créateur de la Droite forte, n'appelle pas François Hollande à dissoudre l'Assemblée nationale: "Les Français ne veulent pas être consultés, ils veulent être gouvernés", estime-t-il sur BFMTV.

Selon lui, "Cinq mois après qu'on nous ait annoncé un gouvernement de combat, je vois un gouvernement qui combat avec lui-même. Le plafond de la République est en train de s'effondrer". 

Nathalie Koscisuco-Morizet estime que le Président pourrait "perdre la majorité à l'Assemblée nationale". La cadre de l'UMP dit même "comprendre les frondeurs", qui rappellent au président "ses promesses de campagne".

Certains membres de l'opposition vont plus loin et demandent d'ailleurs la dissolution de l'Assemblée.

C'est le cas, notamment, d'Eric Woerth. Le député UMP de l'Oise estime que la démission de l'intégralité du gouvernement est une "surréaction". "Il fallait se séparer de Benoît Hamon et d'Arnaud Montebourg, mais en rester là", juge l'ancien ministre sur BFMTV. "On progresse dans l'impasse, on sent venir la fin de la cinquième République", résume-t-il. 

Eric Ciotti estime que la France "est dans une crise majeure", et le député UMP appelle également "le peuple aux urnes".

Le message se retrouve au Front National: Marine Le Pen estime sur BFMTV que "Les Français doivent pouvoir s'exprimer. Quand ils le font, on n'en prend pas compte. On ne peut pas faire tenir une politique, alors que le président a un niveau d'impopularité jamais atteint. Tant qu'on changera les hommes mais pas la politique, on ne pourra rien changer".

Florian Phillipot avait déjà estimé sur BFMTV que le remaniement, c'était "reculer pour mieux sauter", et qualifie de "politique du bateau ivre" la politique gouvernementale. 

Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout La République, appelle lui aussi le Président à dissoudre l'Assemblée nationale. "François Hollande préfère obéir à Merkel que de changer de politique. Et elle mène à un océan de chômeurs. Il va falloir une dissolution, voire une élection présidentielle", a-t-il annoncé sur BFMTV.

Alexis Corbière, du Parti de Gauche, estime, lui, que "Le président n'a plus de majorité à l'Assemblée nationale". Il demande "un retour aux urnes". Sans appeler à une dissolution, le chef du Parti communiste, Pierre Laurent, appelle au rassemblement de "tous ceux qui refusent ce cap suicidaire".

"François Hollande est un roi nu"

Au PS, toutes les réactions ne sont pas flatteuses pour le gouvernement: Marie-Noëlle Lienemann, de l'aile gauche du parti, soutient plutôt la ligne défendue par Arnaud Montebourg et par Benoît Hamon. Selon elle, le président a suivi "une ligne désastreuse". En ayant "éliminé les écologistes puis éliminé l'aile récalcitrante qui représente quand même beaucoup de gens au sein du PS, François Hollande se trouve comme un roi nu", a-t-elle déclaré. 

Jérôme Guedj (PS) ne soutient pas la mesure du président, et estime qu'"on ne règle pas un problème politique par une sanction disciplinaire". Pour ce frondeur qui s'oppose à la politique gouvernementale depuis plusieurs mois, "La fronde s'est étendue jusqu'au sein du gouvernement".

Luc Carvounas, sénateur proche de Manuel Valls, estime en revanche que le Premier ministre "envoie un message de cohérence politique", puisqu'il prouve que Matignon suit la ligne du Président. "On ne peut pas se permettre d'avoir plusieurs voix dissonantes", argue le sénateur.

Le nouveau gouvernement, auquel Luc Carvounas souhaiterait voir participer certains écologistes, devra être un "gouvernement resserré, de combat et pas de luttes internes et personnelles".

Gérard Collomb estime également que "Le président de la République et le Premier ministre ont tiré les conséquences logiques des déclarations d’Arnaud Montebourg". Le sénateur-maire PS de Lyon n'a pas voulu dire s'il comptait rentrer au gouvernement.

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, dit vouloir "aider le président de la République", et que le parti n'avait "le droit ni à la division ni à l'échec", dans un billet de blog. S'il reconnaît qu'il est parfois nécessaire de "s'interroger", notamment sur "la règle des 3% de déficit", il regrette une "ambiance de congrès permanent" au Parti Socialiste.

Joseph Sotinel