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L'image de la France à l'étranger inquiète l'opposition

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PARIS (Reuters) - L'image de la France dans le monde souffre, ont estimé dimanche des membres de l'opposition au terme d'une période difficile...

PARIS (Reuters) - L'image de la France dans le monde souffre, ont estimé dimanche des membres de l'opposition au terme d'une période difficile pour la diplomatie française dans ses rapports avec la Tunisie et le Mexique.

Dernier épisode en date : les excuses publiques présentées samedi soir par le nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, dont le comportement et les propos cassants tenus face à la presse ont choqué la population.

Cet incident vient s'ajouter aux révélations en cascade sur les vacances tunisiennes de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, et au regain de tension entre Paris et Mexico à propos de Florence Cassez, Française emprisonnée au Mexique pour complicité d'enlèvement et séquestration.

Le chef de la diplomatie française ne sort pas indemne de cette série noire. Selon un sondage Harris Interactive paru dans Le Parisien Dimanche, 54% des 1.051 personnes interrogées les 16 et 17 février souhaitent la démission de Michèle Alliot-Marie.

"Je suis effondrée", a déclaré la présidente du Front national, Marine Le Pen, dans l'émission Dimanche soir politique diffusée sur France Inter-I>Télé-France Inter-Le Monde.

"On est face à l'échec flagrant et massif de Nicolas Sarkozy en matière de diplomatie. Partout nous avons honte, partout son comportement a été particulièrement inadéquat."

Marine Le Pen a brandi une photographie de Boris Boillon circulant sur le net où l'ambassadeur de France pose en maillot de bain.

"Pour l'honneur et pour la dignité des Français et aussi pour la dignité des Tunisiens, je pense que M. Boillon doit partir, a-t-elle dit. Ça suffit, les 'sarkoboys'."

"POLITIQUE DÉBILE"

Pour le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, "l'image de la France souffre terriblement".

"Le pouvoir comme on l'exerce en France isole de la réalité et fait perdre le sens commun", déclare-t-il dans Le Parisien Dimanche.

Le député Vert Noël Mamère lui a fait écho, estimant que "la France à l'étranger est aujourd'hui totalement déconsidérée".

"A l'image de M. Boillon et de Mme Alliot-Marie, la politique de la France à l'égard de Tunis est une politique débile", a-t-il dit au micro de Radio J.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a apporté son soutien à Michèle Alliot-Marie, qui fut ministre de la Défense dans son gouvernement.

"C'est une personnalité honnête. Il y a eu pour cette séquence quelques maladresses, mais je ne pense pas que ça puisse remettre en cause l'exercice de ses responsabilités", a-t-il déclaré sur Canal +.

Michèle Alliot-Marie sera lundi et mardi au Brésil, où elle rencontrera les ministres brésiliens de la Défense et des Relations extérieures, à l'heure où la France espère toujours vendre au Brésil des avions de combat Rafale fabriqués par Dassault Aviation.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, sera pour sa part en Tunisie mardi, où elle rencontrera notamment son homologue et le président de la Banque centrale.

"Ce qui se passe en ce moment dans des Etats comme la Tunisie et l'Egypte dépasse tellement les polémiques", a-t-elle dit au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

"J'espère qu'on va pouvoir parler de choses sérieuses : le développement économique, le retour des touristes", a-t-elle ajouté, rappelant que la France était le premier client, le premier fournisseur et le premier investisseur de la Tunisie.

Christine Lagarde a déclaré par ailleurs avoir évoqué la situation de Florence Cassez avec son homologue mexicain à la sortie d'une réunion du G20, cette fin de semaine à Paris. "Il ne m'a pas répondu", a-t-elle précisé.

Elizabeth Pineau, édité par Philippe Bas-Rabérin