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L'enseignement en anglais adopté à l’Assemblée

La mesure devrait être circonscrite aux enseignements « nécessitant véritablement d'être dispensés en langue étrangère ».

La mesure devrait être circonscrite aux enseignements « nécessitant véritablement d'être dispensés en langue étrangère ». - -

L'élargissement controversé de l'enseignement en langues étrangères, notamment en anglais, dans les universités françaises, a reçu le feu vert des députés jeudi à l'Assemblée nationale. Les élus ont voté à main levée après plus de deux heures d'un débat passionné.

Les députés français ont ouvert ce jeudi la possibilité de dispenser des cours en anglais dans les universités du pays, malgré un tir de barrage des opposants qui redoutent une perte d'influence du français dans l'enseignement.
L'Assemblée nationale a adopté par un vote à main levée l'article 2 du projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche présenté par Geneviève Fioraso, la ministre de l'Enseignement supérieur. Bien que la majorité des députés présents dans l'hémicycle ait clairement voté en faveur de cet article, la présidente de séance, Catherine Vautrin (UMP), a annoncé par erreur que cet article n'était pas adopté, ont constaté des journalistes. Aucun député n'a toutefois relevé cette erreur en séance.

« Élargir le socle de la francophonie auprès des jeunes »

Plusieurs élus de l'opposition mais aussi de gauche, comme le député socialiste Pouria Amirshahi, secrétaire national à la francophonie du PS, étaient hostiles à cette mesure qui suscite aussi l'opposition de l'Académie française. « Il ne s'agit, en aucun cas, de remettre en cause la primauté de l'enseignement en français ou la défense de la francophonie » a assuré Geneviève Fioraso. « Il s'agit au contraire d'élargir le socle de la francophonie auprès des jeunes, notamment des pays émergents, qui, aujourd'hui, ne viennent pas dans notre pays » a ajouté la ministre.
L'article du projet de loi propose d'élargir les exceptions au principe de l'enseignement en langue française ; l'objectif, précise le texte, étant « essentiellement de régulariser les situations dans lesquelles le contournement de ce principe est rendu inéluctable tant pour des raisons pédagogiques que pour des motifs liés à l'internationalisation des systèmes d'enseignement supérieur ».

Un vote solennel prévu le 28 mai

Le président du groupe PS de l'Assemblée, Bruno Le Roux, avait annoncé mercredi qu'un accord était intervenu entre le gouvernement et les députés PS. L'Assemblée a rejeté plusieurs amendements déposés par des élus UMP qui visaient à supprimer cette disposition qualifiée de « renoncement dangereux à notre langue ».
L'Assemblée a en revanche entériné des amendements qui prévoient la mise en place d'un apprentissage de la langue française au bénéfice des étudiants étrangers concernés et de circonscrire la portée de la mesure aux enseignements « nécessitant véritablement d'être dispensés en langue étrangère ». L'examen de ce projet de loi par les députés, qui compte une soixantaine d'articles, devrait s'achever lundi prochain, l'Assemblée devant se prononcer le 28 mai par un vote solennel sur l'ensemble du texte.

Claire Béziau, avec agences