BFMTV

L'Elysée répond à Erdogan et dénonce des propos "inacceptables" contre Macron

Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à l'Elysée en janvier 2018.

Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à l'Elysée en janvier 2018. - LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

La présidence de la République a répondu au président turc qui avait appelé Emmanuel Macron à subir un "examen de santé mentale".

L'Elysée dénonce ce samedi soir les propos "inacceptables" tenus par Recep Tayyip Erdogan contre Emmanuel Macron.

"Les propos du président Erdogan sont inacceptables. L'outrance et la grossièreté ne sont pas une méthode. Nous exigeons d'Erdogan qu'il change le cours de sa politique car elle est dangereuse à tous points de vue. Nous n'entrons pas dans des polémiques inutiles et n'acceptons pas les insultes", a commenté l'Elysée auprès de nos confrères de l'AFP.

L'ambassadeur de France en Turquie rappelé

La présidence de la République note également "l'absence de messages de condoléances et de soutien du président turc après l'assassinat de Samuel Paty" et relève les "déclaration très offensives" d'Erdogan de ces derniers jours.

Emmanuel Macron a par ailleurs rappelé à Paris l'ambassadeur de France à Ankara, un acte diplomatique rare et semble-t-il la première fois dans l'histoire des relations diplomatiques franco-turques.

"Un signal très fort", précise l'entourage du chef de l'Etat.

"Allez d'abord faire des examens de santé mentale"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué samedi avec virulence l'attitude de son homologue français Emmanuel Macron envers les musulmans.

"Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'État qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est: allez d'abord faire des examens de santé mentale", a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans un discours télévisé.

Il y a deux semaines, Recep Tayyip Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le "séparatisme islamiste" et la nécessité de "structurer l'islam" en France.

Un projet de loi sur la lutte contre "les séparatismes" en France, qui vise l'islam radical, doit être présenté début décembre. Il vise à renforcer la laïcité et à consolider les principes républicains en France et comporte plusieurs points susceptibles de provoquer des tensions avec la Turquie, comme le contrôle renforcé des financements des mosquées ou l'interdiction de la formation des imams à l'étranger.

H.G. avec AFP