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L'avertissement de Macron à ceux qui veulent une Europe "à la carte"

Emmanuel Macron au sommet européen de Salzbourg.

Emmanuel Macron au sommet européen de Salzbourg. - Capture BFMTV

Lors d'une conférence de presse en marge du sommet européen de Salzbourg, ce jeudi en Autriche, le chef de l'Etat a ciblé les pays qui manqueraient à leur devoir de solidarité sur les questions migratoires, et en particulier la Hongrie. Ils pourraient sortir de l'espace Schengen ou être privés des fonds européens.

"L'Europe n'est pas un menu à la carte, c'est un projet politique." Depuis le sommet informel européen de Salzbourg, en Autriche, Emmanuel Macron a lancé ce jeudi un avertissement aux membres de l'UE qui manqueraient à leur devoir de solidarité. Cette rencontre entre les 28 membres de l'Union européenne était consacrée au Brexit mais aussi à la crise migratoire. Si le ton est monté concernant le premier point, d'après le chef de l'Etat, les discussions sur les migrants ont été marquées par une meilleure entente. Ce qui ne l'a pas empêché d'opter pour la fermeté lors de sa conférence de presse donnée dans l'après-midi. 

"Il y a une crise et des tensions, mais qui les génère?", a-t-il interrogé. "Ceux qui disent ‘je ne veux pas respecter le droit humanitaire et le droit maritime international’, quand un bateau arrive, que je suis le port le plus sûr et le plus proche je ne le prends pas’, quand bien même nous avons divisé par dix les flux qui arrivent", a déploré Emmanuel Macron, en référence au refus du ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, d'accueillir dans les ports italiens des navires humanitaires voguant en Méditerranée, dont l'Aquarius. 

La Hongrie particulièrement visée

"Qui génère la crise? Ce sont ceux qui expliquent ‘moi je suis dans Schengen, j’aime l’Europe quand il faut toucher les fonds structurels, j’aime l’Europe quand elle me donne de l’argent, quand elle permet la prospérité à mon peuple, quand elle permet à mes travailleurs d’aller mieux gagner leur vie dans des pays voisins, mais chez moi, pas un seul migrant ne sera pris, pas un seul réfugié qui a le droit à l’asile’, ne respectant aucune règle", a-t-il poursuivi, en référence à certains pays de l'Est.

Parmi eux, la Hongrie, gouvernée par le Premier ministre Viktor Orban. Au plus fort de la vague migratoire de 2015, elle avait érigé une clôture à ses frontières avec la Croatie et la Serbie, ce dernier pays n'étant pas membre de l'UE. Les relations orageuses du dirigeant hongrois avec ses partenaires européens se sont alourdies d'un contentieux supplémentaire depuis que, mercredi, les eurodéputés ont tiré la sonnette d'alarme sur le non-respect de l'État de droit et des valeurs européennes en Hongrie. Dans un vote inédit, le Parlement européen a activé une procédure exceptionnelle pouvant conduire à des sanctions contre ce pays membre. 

"Ils sortiront de Schengen"

C'est dans ce contexte de tensions qu'Emmanuel Macron, à la fin de la conférence de presse qu'il donnait jeudi après-midi, s'est montré fataliste, voire menaçant.

"Ceux qui créent la crise, ce sont ceux qui ensuite vous expliquent que l’Europe ne sait pas se mettre d’accord, et à un moment donné, le règlement se fera simplement: comme ils ont poussé pour certains le Brexit, les pays qui ne veulent pas davantage de Frontex ou de solidarité sortiront de Schengen. Les pays qui ne veulent pas davantage d’Europe, ils ne toucheront plus les fonds structurels", a lancé le chef de l'Etat, ajoutant que les pays membres devraient avoir au printemps cette discussion "en vérité".

Lundi, Viktor Orban s'était opposé à la proposition de ses partenaires de faire de l'agence européenne de garde-frontières, surnommée Frontex, une force susceptible de déployer ses effectifs aux frontières de l'UE. Pour le Premier ministre hongrois, cela constituerait une atteinte à la souveraineté du pays. 

Charlie Vandekerkhove