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L'ascension d'Emmanuel Macron en cinq dates clés

Emmanuel Macron marche à grands pas. Encore inconnu du grand public il y a deux ans et demi, l'ancien ministre de l'Economie s'apprête à annoncer mercredi sa candidature à la présidence de la République.

Emmanuel Macron brûle-t-il les étapes? Une certitude, le trublion de la politique française va vite. A 38 ans, il déclarera mercredi sa candidature à la présidence de la République française. Son parcours est d'abord celui d'une émancipation. Une prise de distance d'abord réalisée vis-à-vis de ses parents, comme le rappelait Le Monde. Lauréat du concours général de français, il quittait à 16 ans le domicile familial pour Paris. Le jeune homme était auparavant tombé amoureux de sa professeure de français Brigitte Trogneux, mère de trois enfants et de 24 ans son aînée. Une idylle toujours d'actualité.

L'autre affranchissement, plus retentissent, s'est opéré récemment en brisant les codes politiques traditionnels. Le fondateur du mouvement En Marche! veut transcender les clivages gauche-droite au risque d'agacer son camp, sans plaire davantage à celui d'en face.

De banquier chez Rothschild à ministre de l'Economie et bientôt candidat à la présidence de la République, Emmanuel Macron, chantre de la méritocratie, semble avancer à marche forcée. Retour en cinq dates clés, sur le parcours d'un homme pressé dont le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis disait qu'il "incarne la gauche post-historique, pro-business et sociétale".

> 26 août 2014 - Nomination au ministère de l'Economie

Quand François Hollande le nomme à l'Economie après le départ tonitruant d'Arnaud Montebourg, le président connaît déjà bien le trentenaire qui fut son conseiller, puis secrétaire général adjoint de l'Elysée.

Jugé trop libéral par les uns et interventionniste par d'autres, l'énarque et ancien banquier d'affaires passera deux ans à Bercy. Sa tâche principale aura été de préparer la loi qui portera son nom.

> 6 août 2015 - Promulgation de la "loi Macron"

Inspirée des travaux de la commission Attali dont il fut le rapporteur en 2007, la loi Macron ambitionnait de moderniser l'économie et de réformer le Code du travail, rappelait La Tribune. Le second volet du plan, la loi Travail, sera finalement confié à Myriam El Khomri, nommée rue de Grenelle par François Hollande.

Travail le dimanche, réforme des prud'hommes, libéralisation du notariat et du transport par autocars, le texte ne passera qu'à l'aide de l'utilisation par le gouvernement de l'article 49.3 de la Constitution.

> 6 avril 2016 - Lancement de "En Marche!"

"J'ai mis du temps, j'ai réfléchi, j'ai associé beaucoup de gens et j'ai décidé qu'on allait créer un mouvement politique nouveau", avait déclaré à Amiens Emmanuel Macron, alors toujours ministre de l'Economie. Puis de préciser: "Il ne sera pas à droite, pas à gauche".

A l'époque, le ministre de l'Economie se défendait de vouloir présenter une quelconque candidature sous la bannière du nouveau mouvement. Les moqueries n'ont a cette époque pas manqué, notamment sur l'appellation de cette nouvelle force politique transpartisane.

> 12 juillet 2016 - Premier meeting à la Mutualité

Le meeting à la Mutualité devant 3.000 partisans a fait date. A deux jours de l'allocution élyséenne du 14-Juillet, Emmanuel Macron semble faire sauter les manières de précaution rhétorique qu'il avait autrefois posées. "Nous le (En Marche!, Ndlr) porterons ensemble jusqu'à 2017 et jusqu'à la victoire", avait-il lancé, cultivant l'ambiguïté.

A propos de François Hollande, il se faisait au moins pour un temps plus conciliant. "Le président de la République m’a fait confiance et je ne l’en remercierai jamais assez", statuait-il. Les tensions au sein du gouvernement étaient, quoi qu'il en soit, exacerbées. "Il est temps que tout cela s'arrête", avait tranché Manuel Valls, serrant les dents.

> 30 août 2016 - Démission de Bercy

Après deux ans à l'Economie, Emmanuel Macron a quitté son bureau de Bercy. Celui qui avait confié "ne pas être socialiste", plusieurs fois recadré par François Hollande et Manuel Valls, cédait la place à Michel Sapin un fidèle du président. Emmanuel Macron avait fait durer le suspense, car depuis plusieurs mois, des rumeurs le donnaient partant du gouvernement.

L'étape de mercredi est l'épilogue logique de la démarche d'Emmanuel Macron. Selon nos informations, il annoncera dans la matinée sa candidature pour 2017, depuis un centre d'apprentissage de Bobigny.

David Namias