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Juppé "favorable" à l'adoption par des couples homosexuels

Alain Juppé en mars 2014 à Bordeaux.

Alain Juppé en mars 2014 à Bordeaux. - Nicolas Tucat - AFP

Candidat à la primaire UMP pour 2017, Alain Juppé se dit "favorable" à l'adoption par les couples de même sexe, dans une interview au magazine Les Inrockuptibles mercredi.

L'adoption pour les couples homosexuels, Alain Juppé est pour. Le candidat à la primaire UMP s'explique sur sa position dans les colonnes des Inrockuptibles mercredi: "il peut exister des cas où un enfant peut trouver dans un couple de deux hommes ou de deux femmes des conditions d'épanouissement personnel parfaitement acceptables", affirme-t-il.

"C'est pourquoi, après mûre réflexion, je suis favorable à l'adoption par un couple de même sexe, après qu'on aura vérifié, comme c'est le cas pour les couples hétérosexuels, que les conditions d'épanouissement de l'enfant sont réunies", ajoute le maire de Bordeaux.

"On ne démariera pas les couples homosexuels"

La position d'Alain Juppé sur le sujet est donc assumée. Le 2 octobre dernier, lors de l'émission Des paroles et des actes sur France 2, il avait déclaré "se faire violence" en acceptant l'adoption par les couples homosexuels, après y avoir longtemps été opposé. 

Dans ce numéro des Inrockuptibles, titré "Juppémania" et sous-titré "le moins pire d'entre eux?", le maire de Bordeaux réaffirme sa position sur la loi Taubira: "on ne démariera pas les couples homosexuels".

Une position qu'il a déjà soutenue depuis l'annonce de sa candidature. Dans une interview à Valeurs actuelles en septembre dernier, il avait expliqué en évoquant le mariage homosexuel: "il s'agit d'un acquis qui a été intégré par la société française Des sauts sont faits dans l'évolution des moeurs et ne sont pas réversibles".

Juppé veut réserver la PMA aux couples hétérosexuels

Mais Alain Juppé reste inflexible sur la question de la gestation pour autrui (GPA). Dans les Inrocks, il répète qu'elle est "inacceptable" à ses yeux. Quant à la procréation médicalement assistée (PMA), elle doit être "réservée aux couples hétérosexuels" selon lui. Interrogé sur l'inscription des enfants nés par GPA et PMA à l'étranger sur l'état civil français, le maire de Bordeaux estime qu'"on ne peut pas créer un système dans lequel on légitime le recours à de tels procédés. Mais naturellement, il faut prendre en compte l'intérêt de l'enfant et lui donner un statut."

Sur la PMA et la GPA, le candidat à la primaire UMP est proche de la position de Nicolas Sarkozy, même si l'ancien président se dit prêt à aller plus loin: il préconise la réécriture de la loi sur le mariage homosexuel, et même "l'inscription dans la Constitution des verrous juridiques pour réserver la PMA aux couples hétérosexuels infertiles et interdire complètement la GPA". Mais Nicolas Sarkozy n'a pas encore tranché publiquement sur les questions qui divisent encore l'UMP, celles du mariage homosexuel et de l'adoption. "Je m'en fous", aurait-il même confié à un proche, selon Le Nouvel Obs. Le 15 novembre prochain, il pourrait être amené à clarifier sa position: il se rend à un meeting de Sens commun, un courant de l'UMP qui a fait de l'abrogation de la loi sur le mariage homosexuel une priorité. 

Ariane Kujawski