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Jouanno: Fromantin "n'a pas sa place" à l'UDI après avoir voté contre la résolution IVG

La sénatrice UDI Chantal Jouanno dans la cour de l'Elysée, le 27 novembre 2014.

La sénatrice UDI Chantal Jouanno dans la cour de l'Elysée, le 27 novembre 2014. - Alain Jocard - AFP

Pour Chantal Jouanno, le député Jean Christophe Fromantin n'a "pas sa place" à l'UDI. La sénatrice lui reproche de n'avoir pas voté mercredi la résolution réaffirmant le droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse.

Le débat sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) n'a, quarante ans après, rien perdu de sa vivacité. La sénatrice UDI Chantal Jouanno a estimé jeudi que le député Jean-Christophe Fromantin n'avait "pas sa place" à l'UDI après avoir voté contre la résolution réaffirmant le droit fondamental à l'IVG, évoquant un "grand écart en termes de valeurs".

"Là, en termes de valeurs, il vient juste de commettre un grand écart, et [il] n'a pas vraiment sa place parmi nous", a-t-elle déclaré sur France 2.

"De la provocation", selon Jouanno

"C'est scandaleux, c'est ne pas comprendre, c'est même aller à l'encontre de l'esprit de l'UDI, puisque Simone Veil a symboliquement la première carte d'adhérente de l'UDI. (...) Donc voter contre, c'est déjà voter contre les valeurs de l'UDI fondamentalement, et puis c'est voter contre les femmes, c'est porter aussi l'idée que les femmes n'ont pas le droit de disposer librement de leur corps."

"Je pense qu'il n'a pas vraiment sa place chez nous, là en l'occurrence c'est juste de la provocation d'aller voter contre cette résolution alors qu'on a même aspiré à être président du parti de Simone Veil", a-t-elle insisté.

L'Assemblée nationale a adopté mercredi par 143 voix contre 7 une proposition de résolution cosignée par tous les présidents de groupe pour réaffirmer le droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France, en Europe et dans le monde.

Formantin dénonce une banalisation de l'IVG

Jean-Christophe Fromantin est le seul député de son groupe à avoir voté contre cette résolution, aux côtés d'un député d'extrême droite et de 5 députés UMP. Dans un communiqué jeudi, il a expliqué sa position, estimant qu'"on confondait réaffirmation et évolution." "Contrairement à ce qui est exprimé dans l'intitulé de cette résolution, ce texte ne réaffirme en rien le projet présenté par Simone Veil en 1974. Dans le texte dont on célèbre l'anniversaire, il s'agissait d'ouvrir une dérogation au principe de protection de l'être humain dès le commencement de la vie", écrit-il.

"C'était nécessaire, et Simone Veil elle-même reconnaissait le caractère exceptionnel et dramatique de cette décision. (...) Sa transformation en droit fondamental ouvre la banalisation de l'avortement et marque un changement profond au principe d'exception qui prévalait jusqu'à présent", affirme Jean-Christophe Fromantin, qui ajoute que "seuls 151 députés étaient présents" lors du vote et que "ceux-là mêmes qui lui reprochent sa position n'étaient pas présents".

L'UDI rappelle sa très large adhésion à cette résolution

Dans un communiqué publié ensuite, le président des députés UDI, Philippe Vigier a de son côté affirmé que "la très grande majorité des députés UDI était cosignataire de cette résolution initiée par la députée socialiste Catherine Coutelle" et que "les 5 députés UDI présents hier (...) et qui ont voté en faveur de ce texte ont ainsi porté la voix de l'UDI et ses valeurs".

Jean-Christophe Fromantin a été candidat au premier tour de l'élection pour la présidence de l'UDI, obtenant 11% des voix, avant d'apporter son soutien à Hervé Morin, batu par Jean-Christophe Lagarde lors du second tour.

D. N. avec AFP