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L'époux de Valérie Pécresse évoque son possible rôle en cas de victoire à la présidentielle

Valérie et Jérôme Pécresse en 2017.

Valérie et Jérôme Pécresse en 2017. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Jérôme Pécresse, le mari de la candidate LR à la présidentielle, s'est confié au Point sur son couple, sa vision de la politique et ce qu'il ferait en cas de victoire de sa femme. Il évoque aussi les risques de conflit d'intérêt alors qu'il dirige la branche énergies renouvelables de l'une des plus grosses entreprises au monde.

Une première dans l'histoire politique. "Imaginez la passation de pouvoir avec Brigitte à l'Elysée. Que se passerait-il pour les Pièces jaunes?", s'esclaffe Jérôme Pécresse, le mari de Valérie Pécresse, dans les colonnes du Point. L'hebdomadaire a recueilli les confidences de celui qui a épousé la candidate des LR à la présidentielle en 1994.

"D'abord, je serais très heureux pour Valérie et très heureux pour mon pays", assure Jérôme Pécresse, si son épouse venait à l'emporter en avril. "Ensuite, j'essaierais d'inventer la fonction". A commencer par son titre. "Et pourquoi pas le mari de la présidente?", lance le diplômé de Polytechnique et des Ponts et Chaussées.

Des agendas millimétrés

À l'appui de sa démonstration, ce fan de tennis et de bridge évoque les années de Valérie Pécresse au ministère de l'Enseignement supérieur puis au Budget, sous Nicolas Sarkozy.

"Quand les enfants étaient petits, on faisait des planifications d'agenda le dimanche soir. On essayait de faire en sorte qu'ils ne passent pas plus de deux soirées par semaine avec des baby-sitters ", confie encore Jérôme Pécresse.

"Et si ça veut dire que je dois supporter une grande part de la charge mentale du ménage et que c'est moi qui m'occupe des enfants et fais la cuisine, ça ne me pose aucun problème, au contraire", affirme le quinquagénaire.

Le couple a pourtant connu des tourments. Et de citer cette nuit où une femme, hurlant au téléphone, s'est fait passer pour sa maîtresse, abandonnée après des mois d'une prétendue liaison dans des hôtels glauques, les harcelant jusqu'à 3 heures du matin. L'enquête avait finalement pointé du doigt des militants du Mouvement des jeunes socialistes.

Potentiel conflit d'intérêt

Plus que leurs progénitures - la plus jeune a 18 ans - ou les vicissitudes de la vie de couple, c'est surtout la carrière de Jérôme Pécresse qui pourrait interroger en cas de victoire. Le président de la branche énergies renouvelables de General Electric, en pointe sur l'éolien en mer, pourrait-il rester à son poste en pleine hausse des prix de l'énergie? "C'est une question légitime. La réflexion est en cours, elle n'a pas abouti", reconnaît le cadre dirigeant.

"On a toujours été très clairs sur la profession de l'autre et on a mis en place des garde-fous contre tout conflit d'intérêts potentiel. Est-ce qu'on accepte, au fond, que les conjoints d'hommes et de femmes politiques aient une carrière? Dans notre cas, ça a toujours été transparent", plaide encore Jérôme Pécresse.

"Avoir sa vie"

Alors qu'il était président de la branche énergies renouvelables d'Alstom en 2011, la même année que celle de la nomination de sa femme à Bercy, Valérie Pécresse avait fait rédiger une circulaire pour ériger une barrière, stipulant qu'elle se détournerait de tous les dossiers ayant trait à Alstom. Lesquels devraient alors remonter directement à Matignon.

En cas de victoire, Jérôme Pécresse devrait cependant quitter son poste. "Il doit avoir sa vie", confie d'ailleurs sa femme au Point.

Valérie Pécresse récolte 16% des intentions de vote au premier tour, au coude-à-coude avec Marine Le Pen, dans le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L'Express.

Marie-Pierre Bourgeois