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Jérôme Cahuzac accuse Laurence Parisot de surenchère

Le ministre du Budget Jérôme Cahuzac accuse Laurence Parisot, qui a apporté son soutien au mouvement des "pigeons", de faire de la surenchère. Ce mouvement rassemble des chefs d'entreprise qui ont protesté contre le projet gouvernemental de renforcement d

Le ministre du Budget Jérôme Cahuzac accuse Laurence Parisot, qui a apporté son soutien au mouvement des "pigeons", de faire de la surenchère. Ce mouvement rassemble des chefs d'entreprise qui ont protesté contre le projet gouvernemental de renforcement d - -

PARIS (Reuters) - Le ministre du Budget a accusé mardi la présidente du Medef, la principale organisation patronale française, de faire de la...

PARIS (Reuters) - Le ministre du Budget a accusé mardi la présidente du Medef, la principale organisation patronale française, de faire de la "surenchère" après avoir été "totalement débordée" par sa base.

"Laurence Parisot n'a absolument pas vu venir le mouvement qu'on a appelé le mouvement des pigeons", a dit Jérôme Cahuzac sur France Inter. "Totalement débordée par la base, aujourd'hui elle tente de monter dans un train dont elle n'a vu ni le départ ni le nombre de wagons. Elle fait donc un peu de surenchère en dramatisant les choses."

"La situation est délicate. Je ne suis pas sûr que la responsable du Medef, en s'exprimant ainsi, contribue à donner de notre pays l'image qui convient", a-t-il ajouté.

Le mouvement des "pigeons" rassemble des chefs d'entreprise, en particulier des PME innovantes et des "start-up", qui ont protesté contre le projet gouvernemental de renforcement de la taxation des plus-values de cession de sociétés ou de parts de sociétés.

Ils ont en partie obtenu gain de cause, le gouvernement ayant accepté de revoir sa copie.

Laurence Parisot a bruyamment apporté son soutien aux "pigeons" et rallié autour du Medef la grande majorité des organisations patronales et associations d'entrepreneurs pour demander un abandon pur et simple de cette disposition inscrite dans le projet de budget 2013.

Elle multiplie ces jours-ci les interventions médiatiques pour décréter un "état d'alerte" face à ce qu'elle qualifiait lundi, dans une interview au Figaro, d'"avis d'ouragan" sur l'économie et les entreprises françaises.

Le ministre du Budget a également qualifié d'"alarmisme douteux" et "suspect" les mises en garde de Laurence Parisot contre des risques d'exil fiscal massif.

"Je ne dispose, à titre personnel et comme ministre du Budget, d'aucun élément factuel me permettant d'affirmer que cet exil fiscal s'accélèrerait d'une manière ou d'une autre."

Jérôme Cahuzac a défendu la décision du gouvernement de reculer sur la taxation des plus-values de cession - une décision très critiquée au sein de la majorité de gauche et à gauche du Parti socialiste.

"Il est vrai qu'un malentendu s'était fait jour entre des chefs d'entreprise créant leur entreprise, la faisant prospérer, la développant et en espérant une récompense bien humainement compréhensible lorsqu'ils la vendraient, et le gouvernement", a-t-il déclaré. "On s'est expliqué (...) Leur colère avait des accents de sincérité qu'il fallait comprendre."

"Ce n'est pas une reculade à laquelle on a pu assister mais, je le crois bien, à une avancée dans une meilleure compréhension entre les uns et les autres", a-t-il ajouté.

Le ministre du Budget a confirmé que le manque à gagner pour l'Etat serait d'environ 750 millions d'euros mais compensé par le maintien de la surtaxe exceptionnelle sur les sociétés instaurée par le gouvernement de droite précédent.

Emmanuel Jarry, édité par Patrick Vignal